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Introduction
Outre leurs propriétés antibactériennes, certains macrolides ont démontré des effets immunomodulateurs depuis les années 1960. Ces effets ont été initialement observés chez des patients atteints d’asthme sévère, de panbronchiolite diffuse, et plus récemment, dans la prévention des exacerbations pulmonaires dans la mucoviscidose, les dilatations des bronches non liées à la mucoviscidose (DDB), ou encore la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Cependant, ils exposent les patients à des risques théoriques d’effets secondaires, notamment l’allongement de l’intervalle QT, la baisse d'acuité auditive, des troubles digestifs ou des complications hépato-biliaires. Par ailleurs, les recommandations mentionnent rarement les modalités précises de prescription : choix de la molécule, posologie, évaluation pré thérapeutique, suivi, et durée du traitement.
Méthodes
Étude descriptive et transversale menée auprès des pneumologues en février 2024, moyennant un questionnaire anonyme. L’enquête comprenait 29 questions relatives à l’utilisation des Macrolides au long cours dans les pathologies respiratoires chroniques. L’objectif principal était d’évaluer la fréquence de leur utilisation, les objectifs secondaires portaient sur les modalités de prescription.
Résultats
131 pneumologues français ont répondu à l’enquête. Ils exerçaient en CHU (n=50 ; 38%), en CHG (n=47 ; 36%), en libéral (n=23 ; 18%) ou en clinique privée (n=11 ; 8,4%). Une large majorité (n=121 ; 92%) des répondants ont déclaré prescrire des macrolides au long cours dans les pathologies respiratoires chroniques, principalement l’azithromycine (n=118 ; 98%), le plus souvent à la dose de 250 mg trois fois par semaine (n=92 ; 78%) ou 500 mg trois fois par semaine (n=16 ; 14%), dans les NCFB (98% des répondants), la BPCO (81%), et l’asthme (41%). Seuls 8 répondants ne réalisaient aucun examen pré thérapeutique. Les examens pré thérapeutiques les plus fréquents étaient : l’ECG (n=102 ; 84%), l'examen mycobactériologique des expectorations (n=72 ; 60%), l'examen cytobactériologique des expectorations (n=70 ; 58%), et le bilan hépatique (n=69 ; 57%). Pendant le traitement, 25 praticiens (21%) ne réalisaient aucun suivi paraclinique. La durée du traitement avant un éventuel arrêt était très variable : 20% à 24% des répondants envisageaient un traitement à durée illimitée, tandis que près d’un répondant sur cinq n’avait pas de position claire sur ce point.
Conclusion
Les macrolides au long cours sont fréquemment prescrits par les pneumologues français pour les pathologies respiratoires chroniques, malgré l’absence d’autorisation spécifique d’utilisation dans ces indications, et avec une variabilité importante dans les pratiques. Des essais cliniques, notamment sur la durée du traitement, sont nécessaires pour permettre l’élaboration de recommandations nationales et homogénéiser les pratiques.