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Introduction
Le VEMS et la tomodensitométrie ont longtemps été proposés comme marqueurs de la gravité de la bronchiectasie. Cependant, ces deux paramètres pris séparément manquent de performance. D’où l’idée d’intégrer ces paramètres dans des scores de gravité tels que BSI et FACED.
L'objectif était d'étudier la valeur pronostique de ces scores en termes de prédiction de l’hospitalisation au cours des DDB.
Méthodes
Il s’agit d’une étude analytique rétrospective, incluant des patients suivis pour bronchectasie au service de pneumologie de l’hôpital Charles Nicolle à Tunis entre 2009 et 2024. Pour chaque patient, nous avons déterminé les 5 paramètres du score FACED et les 8 éléments BSI. L’aire sous la courbe (ASC) a été mesurée et un seuil FACED et BSI a été calculé pour prédire l’hospitalisation.
Résultats
Ont été inclus 136 patients. Le BSI moyen était de 9, classé comme « élevé » dans 52,6%. Le score FACED moyen était de 3, classant la bronchiectasie comme légère dans 41,2%. Parmi les 85 patients hospitalisés pour une exacerbation sévère, 66 (77,6%) avaient un score BSI élevé et 19 (22,4%) avaient un FACED sévère. Une étude de la fréquence des hospitalisations selon les scores BSI et FACED a montré une fréquence plus élevée dans le groupe BSI sévère (77,6% des hospitalisations) (p< 0,05) et dans le groupe FACED modéré (52,9% des hospitalisations) (p< 0,05). Après l’analyse de la courbe ROC, l’ASC pour FACED était de 0,72 (p< 0,0001 ; IC [0,63-0,80]) et pour BSI, l’ASC était de 0,88 (p< 0,0001 ; IC [0,81-0,94]) pour la prédiction de l’hospitalisation. La valeur seuil était respectivement de 1,5 et 4,5 pour les deux scores. (Figure).
Conclusion
Nos résultats, en concordance avec la littérature, suggèrent un rôle des scores FACED et BSI dans la prédiction du risque d’hospitalisation chez les patients atteints de DDB, avec une performance nettement supérieure pour le score BSI. Ce dernier présente une meilleure capacité discriminative, comme en témoigne une aire sous la courbe plus élevée. L’intégration systématique de ces scores en pratique clinique pourrait permettre une meilleure stratification des patients à risque et optimiser leur prise en charge.