· Abstracts CPLF 2026

L’apport du test de marche de 6 min (6MWT) dans les bronchectasies

Résumé AD03-83
Mounir N.*1 ; Zaghba N.*1 ; Chaanoun K.*1 ; Benjelloun H.*1 ; Harraz H.*1 ; Jalloul W.*1 ; Laklaai Z.*1 ; Yassine N.*1
1Service de Maladies Respiratoires CHU Ibn Rochd, Casablanca,Maroc

Auteur correspondant : Mounir N. email


Introduction

Les bronchectasies constituent une maladie respiratoire chronique caractérisée par une dilatation irréversible des bronches, responsable d’une toux chronique, de bronchorrhée et d’exacerbations récurrentes. L’évaluation de la sévérité repose sur des critères cliniques, radiologiques et fonctionnels. Le test de marche de six minutes (6MWT), outil simple et reproductible, permet d’évaluer la tolérance à l’effort et de prédire le pronostic. Cette étude souligne l’intérêt du 6MWT dans l’évaluation clinique, fonctionnelle et pronostique des patients atteints de bronchectasies.

Méthodes

Il s'agit d'une étude prospective menée entre janvier et juin 2025 dans le service de pneumologie du CHU Ibn Rochd de Casablanca sur 20 patients atteints de bronchectasies en dehors d’exacerbation. Chaque patient a bénéficié de : -Un test de marche de 6 minutes (6MWT) avec mesure continue de la saturation en oxygène (SpO₂) et de la fréquence cardiaque (FC) avant, pendant et après le test -Une épreuve fonctionnelle respiratoire complète (CVF, VEMS, DLCO) -Un questionnaire de qualité de vie (St George’s Respiratory Questionnaire, SGRQ).

Résultats

Les patients inclus étaient âgés de 18 à 75 ans avec un âge moyen de 53 ans. Notre population d’étude était à prédominance féminine 60% (12 cas). Onze patients (55%) présentaient des foyers de dilatations de bronches bilatéraux. Le VEMS moyen était de 70±15% de la valeur théorique et la CVF moyenne de 76±14%. La DLCO moyenne était de 65±12% de la valeur théorique. Une diminution significative de la DLCO < 60% a été observée chez 40% (8 cas). Le score moyen au questionnaire SGRQ était de 43±10. Durant le test de marche de 6 minutes (6MWT), la distance moyenne parcourue était de 455±85 mètres, avec 40% des patients (8 cas) parcourant moins de 450 mètres, indiquant une limitation fonctionnelle modérée à sévère. La saturation en oxygène (SpO₂) au repos moyenne était de 96±2%. Pendant l’effort, une désaturation significative (chute≥4%) a été observée chez 35% des patients. La fréquence cardiaque moyenne au repos était de 78±10 battements par minute (bpm), augmentant significativement à 110±15 bpm à la fin du test. Sur le plan clinique, les symptômes rapportés pendant le 6MWT comprenaient une dyspnée d’effort chez 70% (14 cas), une fatigue musculaire chez 50% (10 cas), et des sensations de douleur thoracique ou oppression chez 10% (2cas) de notre échantillon. La distance parcourue lors du test de marche était d’autant plus élevée que la fonction respiratoire est bonne, corrélée positivement à la CVF, au VEMS et à la DLCO. En revanche, une qualité de vie plus altérée, évaluée par un score SGRQ élevé>50 était associée à une distance parcourue moyenne 410±80 m, contre 480±70 m chez ceux avec un score < 40. Par ailleurs, les patients présentant une désaturation pendant l’effort ont parcouru 420±60 m, tandis que ceux sans désaturation ont parcouru 480±90m.

Conclusion

Le test de marche de 6 minutes (6MWT), simple et reproductible, est un outil clé pour l’évaluation des bronchectasies. Il permet d’apprécier le pronostic, la mortalité et la réponse thérapeutique. Dans notre étude, une distance parcourue < 500 m au 6MWT était prédite indépendamment par trois facteurs : un VEMS < 60%, une désaturation à l’effort et un score SGRQ>50.


Mounir N. * ; Zaghba N. * ; Chaanoun K. * ; Benjelloun H. * ; Harraz H. * ; Jalloul W. * ; Laklaai Z. * ; Yassine N. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.