·
Introduction
L’asthme professionnel (AP) représente un défi clinique majeur et la pathologie respiratoire professionnelle la plus fréquente. Bien que la spirométrie demeure l'examen de base pour l’évaluation de la fonction pulmonaire, parfois elle s’avère insuffisante pour confirmer avec certitude le diagnostic d’AP. Face à cette limitation, le recours au test d’hyperréactivité bronchique non spécifique (THRBNS) devient un examen complémentaire indispensable. L’objectif de cette étude était d’évaluer la prévalence de l’indication THRBNS chez les patients consultant en médecine du travail pour suspicion d’AP.
Méthode
Etude transversale rétrospective menée auprès des travailleurs ayant consulté le service de médecine du travail de l’hôpital Charles Nicolle pour symptomatologie évocatrice d’asthme durant la période allant de 2018 jusqu’à 2022. La collecte des données était réalisée en s’aidant d’une fiche préétablie à partir des dossiers médicaux des patients et portant sur les caractéristiques sociodémographiques, médicales et professionnelles des participants ainsi que les examens complémentaires réalisés.
Résultats
Nous avons colligé 208 dossiers. L’origine professionnelle de l’asthme était suspectée chez 44 patients (21,1%). L’âge moyen des patients avec suspicion d’AP était de 44± 9 ans. Une prédominance féminine était notée avec un sexe-ratio (H/F) de 0,83. L’ancienneté professionnelle moyenne était de 16,6 avec des extrêmes allant de 2 à 35 ans. Les secteurs d’activité les plus représentés étaient : l’industrie textile (22%), l’industrie automobile (22%) et la santé (13%). Le poste de travail le plus occupé était celui des ouvriers (75%). Le nombre de participants ayant un surpoids ou une obésité était de 26 (59%). Le diagnostic d’AP était confirmé chez 41 patients (93,2%). Le diagnostic était établi par la spirométrie dans 56,1% (N=23). Le recours à la réalisation d’un THRBNS était noté chez 47,7% des cas (N=21). Le THRBNS était revenu positif dans 85,7% des cas (N=18).
Conclusion
L’étude confirme l’intérêt majeur du THRBNS, ayant permis de diagnostiquer environ 44% des cas d’AP. Son intégration dans la démarche diagnostique de l’AP s’avère particulièrement pertinente en cas de spirométrie non concluante, car elle renforce la précision du diagnostic, permet l’évaluation de l’aptitude au travail et constitue un élément déterminant pour la reconnaissance de l’affection comme maladie professionnelle indemnisable.