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Introduction
L’asthme est une maladie respiratoire chronique fréquente, caractérisée par une inflammation persistante des voies aériennes et une variabilité des symptômes. Selon le Global Asthma Report 2025, plus de 250 millions de personnes dans le monde vivent avec l’asthme. Malgré les avancées thérapeutiques, un nombre important de patients présente un mauvais contrôle de la maladie, exposant à une altération de la qualité de vie. Parmi les facteurs pouvant influencer ce contrôle, les troubles anxiodépressifs et les perturbations du sommeil occupent une place importante mais encore sous-estimée.
Méthodes
Il s’agit d’une étude transversale, menée à l’hôpital régional de Moknine chez des patients asthmatiques suivis u service de pneumologie de l’hôpital de Moknine. Le degré de contrôle de l’asthme a été évalué à l’aide de l’Asthma Control Test (ACT). Les troubles anxieux et dépressifs ont été dépistés par l’échelle Hospital Anxiety and Depression (HAD) et la qualité du sommeil a été mesurée à l’aide de Pittsburgh Sleep Quality Index (PSQI).
Résultats
Notre étude a porté sur 54 patients asthmatiques dont l’âge moyen était de 46,9ans±16,4. Il y avait une prédominance féminine avec un sex-ratio F/H de 2,17. L’exposition à un aérocontaminant était retrouvée chez 63% des patients, prédominée par la poussière de textile chez 35,3% des patients. Les pollens et les acariens étaient les allergènes les plus fréquents (14,7% des cas). Le score HAD anxiété moyen était de 9±3,14 et le score HAD dépression moyen était de 9,33±3,07 chez la population étudiée. Le score PSQI moyen était de 7,12±4,7. Un asthme mal contrôlé était significativement associé à la présence d’une dépression (p=0,017) ainsi qu’à une mauvaise qualité du sommeil (p=0,013). Aucune corrélation significative n’a été retrouvée avec l’anxiété et le score ACT. En revanche, la présence de troubles anxiodépressifs majeurs influençait de manière significative le contrôle de l’asthme (p=0,039).
Conclusion
Les troubles anxiodépressifs et les altérations du sommeil constituent des facteurs étroitement liés à un contrôle insuffisant de l’asthme. Leur identification précoce ainsi que leur prise en charge appropriée, pourraient optimiser la maîtrise de la maladie et améliorer la qualité de vie des patients.