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Introduction
Les exacerbations de la BPCO (EA BPCO) impactent fortement la qualité de vie des patients qui en souffrent et contribuent au déclin de la fonction pulmonaire. Aussi, elles sont associées à une mortalité importante et ont un coût socio-économique considérable.
Méthodes
Nous avons mené une étude rétrospective portant sur 500 malades hospitalisés pour EA BPCO au service de pneumologie de l’hôpital Ibn El Jazzar de Kairouan durant la période allant de Janvier 2017 jusqu’au Décembre 2023
Résultats
Dans notre série, les patients atteints de BPCO présentaient un profil de population relativement âgée, avec une moyenne d’âge de 69±10,38 ans. La prédominance masculine était nette (91%) et la grande majorité des malades étaient tabagiques (90%), avec une consommation moyenne estimée à 49,71 paquets-années. Les antécédents cardiovasculaires représentaient la comorbidité la plus fréquente (57,3%). Sur le plan fonctionnel, la plupart des patients étaient classés dans les groupes C et D (35,5% et 56% respectivement), avec des stades GOLD modérés à sévères (27,8% GOLD 2 et 46,7% GOLD 3). Chez 10% des patients, l’exacerbation aiguë (EA) constituait le mode de révélation de la maladie. Près de la moitié des exacerbations (46%) étaient de type I selon la classification d’Anthonisen. L’étiologie infectieuse représentait la cause principale des EA (90%). L’examen cytobactériologique des crachats (ECBC), réalisé seulement chez 17% des malades, était pathologique dans 32,4% des cas. Les germes les plus fréquemment isolés étaient Streptococcus pneumoniae (25%), Klebsiella pneumoniae (25%) et Pseudomonas aeruginosa (16,6%). La prise en charge thérapeutique reposait essentiellement sur une oxygénothérapie de courte durée (59,5%), la nébulisation de bronchodilatateurs (association β2-agoniste + anticholinergique : 97,5%), une corticothérapie systémique intraveineuse (91%) et une antibiothérapie adaptée (90%). La ventilation non invasive (VNI) a été utilisée efficacement chez 81% des patients présentant une acidose respiratoire (pH < 7,35). La durée moyenne d’hospitalisation était de 8,86±5,92 jours. L’évolution a été globalement favorable avec un retour à domicile dans 95,5% des cas, un transfert en réanimation dans 3,5% et un décès dans 1%. Plusieurs facteurs prédictifs d’une évolution défavorable ont été identifiés : l’âge avancé et la présence de comorbidités cardiovasculaires, un stade GOLD élevé et l’appartenance au groupe D, la sévérité de l’exacerbation (acidose respiratoire nécessitant une VNI), la présence de germes multirésistants tels que Pseudomonas aeruginosa, ainsi que la durée prolongée d’hospitalisation.
Conclusion
Cette étude confirme que, chez les patients BPCO, le pronostic dépend autant de la sévérité de la maladie respiratoire que du terrain, et qu’une prise en charge rapide et multidimensionnelle est essentielle pour réduire la morbi-mortalité liée aux exacerbations.