· Abstracts CPLF 2026
Logo CPLF 2026

Résumés CPLF 2026 

Caractéristiques et prise en charge des patients non-fumeurs avec un cancer bronchique non à petites cellules de stade I à III : Etude TREAP

Résumé PO05-206
Debieuvre D.*1 ; Spampinato A.2 ; Danjoy ML.2 ; Offner N.2 ; Eberlin A.2 ; Bylicki O.3 ; Chouaid C.4
1Service de Pneumologie, GHR Mulhouse Sud Alsace, Mulhouse, France ; 2MSD France, Puteaux, France ; 3Service de Pneumologie, HIA Sainte-Anne, Toulon, France ; 4Service de Pneumologie, CHI Créteil, Créteil, France

Auteur correspondant : Debieuvre D. 


Introduction

La proportion de patients non-fumeurs (NF) ayant un cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) est en constante augmentation depuis 20 ans, comme le montre les cohortes KBP-CPHG, passant de 7,2% en 2000 à 10,9% en 2010 et 12,6% en 20201. Le profil clinique et moléculaire des patients NF de stade non métastatique est mal connu. L’étude TREAP explore, en vie réelle, l’épidémiologie et les stratégies thérapeutiques des CBNPC non métastatiques. Nous présentons ici les résultats des patients NF.

Méthode

Il s’agit d’une analyse secondaire des données de la cohorte KBP-2020-CPHG, étude prospective multicentrique conduite en 2020 dans 81 hôpitaux publics non universitaires en France. Parmi les 7 374 patients atteints de CBNPC inclus dans la cohorte et dont le traitement de première ligne était documenté, 2 901 (39,3%) étaient de stade I à III (classification TNM, 8ᵉ édition). Les caractéristiques cliniques, biologiques et thérapeutiques sont analysés selon le statut tabagique (fumeurs/ex-fumeurs (F/EF) vs NF).

Résultats

Parmi les 2 901 patients analysés, 323 (11,1%) sont NF. Les patients NF étaient significativement plus âgés que les patients F/EF (médiane : 73,1 vs 67,9 ans, p < 0,0001), plus souvent des femmes (69,3% vs 30,0%, p < 0,0001) et plus souvent non épidermoïdes (91,0 vs 63,7%, p < 0,0001), tandis qu’aucune différence avec les F/EF n’était observée sur le PS (90,3% vs 87,8% de patients PS 0-1 respectivement). Par ailleurs, par rapport aux patients F/EF, le diagnostic des patients NF était plus fréquemment réalisé de manière fortuite (46,7% vs 37,0%) et à un stade plus précoce (stade IA : 42,4% vs 23,4%, p < 0,0001).

Concernant les analyses histologiques et biologiques, l’expression de PD-L1 a été moins souvent évaluée chez les NF que chez les F/EF (76,4% vs 88,1%) contrairement aux anomalies moléculaires qui ont été davantage recherchées chez les NF (68,2% vs 49,2%). Lorsque cela a été évalué, la proportion de patient PD-L1≥50% était moins importante dans le groupe NF (17,1% vs 24,6%, p=0,007). À l’inverse, une plus grande proportion de patients NF arborait une mutation EGFR (33,8% vs 5,7%), un réarrangement ALK (2,7% vs 0,9%) ou un réarrangement ROS1 (5,0% vs 1,0%). Enfin, les mutations KRAS et STK11 étaient moins fréquentes chez les patients NF que chez les patients F/EF (15,1% vs 34,3% et 5,9% vs 17,9% respectivement).

Des différences de prise en charge ont également été constatées selon le statut tabagique avec, chez les NF, plus de chirurgie (62,2% vs 49,5%), plus de thérapie ciblée (8,0% vs 1,0%), moins de radiothérapie (20,4% vs 31,4%), moins de chimiothérapie (27,9% vs 55,3%) et moins d’immunothérapie (7,7% vs 17,7%).

Pour l’ensemble de la population, après un suivi médian de 41,7 mois (95% IC, 41,4-42,1), la médiane de survie n’est pas atteinte chez les NF (stade I : non atteinte (NA), stade II : NA, stade III : 29,8 mois) vs 44,6 mois (95% IC, 41,9-47,6) chez les F/EF (stade I : NA, stade II : 46,8, stade III : 23,4 mois).

Conclusion

Les patients NF ayant un CBNPC non métastatique présentaient un profil clinique et biologique différent des F/EF, soulignant le besoin d’une prise en charge personnalisée basée sur le statut tabagique.

1- D. Debieuvre &amp ; ; al, Lung cancer trends and tumor characteristic changes over 20 years (2000–2020): Results of three French consecutive nationwide prospective cohorts’ studies. The Lancet Regional Health - Europe 2022 ; 22 : 100492


Debieuvre D. * ; Spampinato A. Employé MSD ; Danjoy ML. Employé MSD ; Offner N. Employé MSD ; Eberlin A. Employé MSD ; Bylicki O. * ; Chouaid C. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK