· Abstracts CPLF 2026

Profil moléculaire des adénocarcinomes pulmonaires primitifs : expérience de service de pneumologie au CHU de Marrakech

Résumé PO05-208
El Mouden M.*1 ; Ijim M.1 ; Fikri O.1 ; Amro L.1
1Service de Pneumologie, Hôpital ARRAZI, CHU Mohammed VI, Laboratoire LRMS, FMPM, UCA, Marrakech, Maroc

Auteur correspondant : El mouden M. email


Introduction

Le cancer bronchopulmonaire demeure la première cause de décès par cancer dans le monde, l’adénocarcinome, constitue la forme histologique prédominante aussi bien chez les fumeurs que chez les non-fumeurs. . Les avancées en biologie moléculaire permettent désormais d’identifier des altérations génétiques et l’émergence de thérapies ciblées, ouvrant la voie à des traitements personnalisés. Et améliorant significativement la prise en charge des patients porteurs d’altérations génétiques spécifiques. Le but de notre travail était de décrire le profil moléculaire des adénocarcinomes pulmonaires primitifs diagnostiqués et pris en charge dans notre formation, et d’évaluer la proportion de patients pouvant bénéficier d’une thérapie ciblée.

Méthodes

Nous avons mené une étude rétrospective au service de pneumologie du CHU de Marrakech, incluant tous les patients atteints de carcinome bronchique diagnostiqués entre janvier 2024 et juillet 2025. Parmi ces cas, les adénocarcinomes pulmonaires primitifs, qui représentent l’histologie la plus fréquente des cancers bronchiques non à petites cellules, ont été analysés de façon spécifique. Le profilage moléculaire a été réalisé dans un laboratoire de référence, selon les recommandations en vigueur, portant sur les principales anomalies reconnues dans cette entité (EGFR, KRAS, ALK, BRAF, MET, ROS1).

Résultats

Parmi 150 patients diagnostiqués avec un carcinome bronchique, 71 cas ont été confirmés histologiquement comme adénocarcinomes pulmonaires primitifs. L’âge médian des patients atteints d’ADK était de 64 ans [46–82], avec une nette prédominance masculine (71%), 78% des patients étaient des fumeurs ou ex-fumeurs. Un profil moléculaire complet était disponible pour 67 patients (94%), tandis que Les 4 patients restants n’avaient pas de profilage complet, peut-être à cause d’échantillons insuffisants ou d’échec technique. Parmi les patients profilés, 46 (68,6%) présentaient au moins une altération oncogénique. La répartition des anomalies était la suivante : mutations de KRAS chez 17 patients (25,4%), EGFR chez 12 patients (17,9%), réarrangements ALK chez 3 patients (4,5%), mutations BRAF chez 2 patients (3,0%), amplifications MET chez 2 patients (3,0%) et réarrangements ROS1 chez 1 patient (1,5%), tandis que 9 patients (13,4%) présentaient d’autres altérations ou des anomalies non actionnables. Ainsi, 28 patients (39,4%) présentaient une anomalie ciblable par une thérapie spécifique. Ces anomalies actionnables incluaient principalement EGFR et ALK pouvant bénéficier de thérapies ciblées selon les recommandations internationales et la disponibilité locale. Parallèlement les sites métastatiques les plus fréquents au moment du diagnostic étaient la plèvre (26,7%), le poumon controlatéral (23,9%) et le cerveau (21,1%), tandis que d’autres localisations telles que le foie et les os étaient moins fréquentes.

Conclusion

Notre étude rétrospective met en évidence une fréquence élevée d’anomalies moléculaires dans les adénocarcinomes pulmonaires, concordante avec les données internationales. Ces résultats soulignent l’importance d’un profilage moléculaire systématique dès le diagnostic pour orienter une prise en charge personnalisée afin d’optimiser les stratégies thérapeutiques et d’améliorer le pronostic.


EL Mouden M. * ; Ijim M. * ; Fikri O. * ; Amro L. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.