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Introduction
Étude visant à évaluer les risques d’exacerbations et de mortalité chez les patients atteints de BPCO classés en catégorie E selon l’Initiative Mondiale pour la Bronchopneumopathie Chronique Obstructive (GOLD E), en fonction du taux d’éosinophiles sanguins et du statut tabagique, à partir d’une large base de données de vie réelle aux États-Unis.
Méthodes
Étude longitudinale rétrospective à partir de la base Optum Market Clarity (dossiers médicaux électroniques liés aux données de remboursement) entre janvier 2016 et décembre 2021, avec une période d’observation de trois ans. Patients âgés de 40 à 80 ans, en vie durant l’année de référence (Année 1), inscrits de façon continue pendant trois ans ou jusqu’au décès, avec≥2 diagnostics de BPCO en Année 1,≥1 en Années 2 et 3 sauf en cas de décès, et classés GOLD E en Année 1. Deux cohortes analysées : (1) patients sous triple thérapie inhalée avec≥1 dosage d’éosinophiles (EOS) en Année 1 ; (2) patients avec statut tabagique connu en Année 1. Modèles de Cox utilisés pour analyser le délai avant décès et avant exacerbation, ajustés selon les caractéristiques à l’inclusion (démographie, région, assurance, comorbidités, antécédents d’exacerbations, traitements ; Tableau).
Résultats
Cohorte 1 : 3 384 patients ; âge moyen (SD) 64,9 (8,6) ans, 59,7% femmes, 14,2% noirs, 2,7% hispaniques, CCI moyen (SD) 3,6 (2,5). Cohorte 2 : 25 342 patients ; âge moyen 65,3 ans, 58,7% femmes, 14,7% noirs, 2,5% hispaniques, CCI moyen (SD) 3,8 (2,6). Dans la cohorte 1, les patients avec EOS≥300 cellules/µL avaient un risque de mortalité réduit de 13% sur deux ans par rapport à ceux avec EOS < 300 (p=0,023). Aucune différence significative sur le risque d’exacerbations (modérées ou sévères, et sévères). Dans la cohorte 2, les non-fumeurs (anciens ou jamais fumeurs) avaient un risque réduit de 5% pour toute exacerbation (p=0,005) et de 6% pour les sévères (p=0,003), comparés aux fumeurs actifs. Aucune différence significative sur la mortalité (Tableau).
Conclusion
Dans cette analyse multivariée rétrospective issue d’une large base de données américaine, le risque d’exacerbations chez les patients sous triple thérapie inhalée ne variait pas selon le taux d’EOS. En revanche, un taux≥300 cellules/µL était associé à une réduction du risque de mortalité. Le risque de mortalité était similaire chez les fumeurs actifs et les non-fumeurs, mais ces derniers présentaient un risque d’exacerbations plus faible, modérées ou sévères.