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Introduction
Différencier les pleurésies exsudatives selon leur étiologie est essentiel pour une prise en charge appropriée. Le but de cette étude était d’analyser leurs particularités cliniques et biologiques afin d’identifier des éléments discriminants utiles au diagnostic précoce.
Méthodes
Il s’agit d’une étude rétrospective, descriptive et analytique menée sur les dossiers de patients hospitalisés pour pleurésie exsudative au service de pneumologie du CHU Fattouma Bourguiba de Monastir, entre janvier 2010 et décembre 2020.
Résultats
Au total 188 patients ont été inclus. Les principales étiologies étaient d’origine néoplasique (65,4%), tuberculeuse (21,8%) et parapneumonique (12,8%). Les patients avec pleurésie néoplasique étaient plus âgés (62,8 vs 41 et 44,1 ans, p=0,003), présentaient davantage de comorbidités (69,9% vs 17,1% et 25%, p < 0,001) et une altération de l’état général plus fréquente (53,7% vs 48,8% et 20,8%, p=0,013). Les symptômes respiratoires variaient selon l’étiologie : la douleur thoracique et la toux étaient plus fréquentes dans les pleurésies tuberculeuses (75,6% et 68,2%) et parapneumoniques (70,8% et 50%) que dans les néoplasiques (52,8% et 37,3%, p=0,004–0,023). L’abondance de l’épanchement était élevée dans les néoplasiques (43,9%), moyenne dans les tuberculeuses (56,1%) et faible dans les parapneumoniques (41,7%) (p=0,05). Les protides étaient plus faibles dans les néoplasiques (45,36±9,23 g/L) que dans les tuberculeuses (50,8±6,42 g/L) et les parapneumoniques (48,9±7,78 g/L, p=0,004). La cytologie révélait un liquide lymphocytaire dominant dans les tuberculeuses (85,3%) et les néoplasiques (65,8%), tandis que les parapneumoniques étaient le plus souvent panachées ou à prédominance polynucléaire (45,9%, p=0,004).
Conclusion
L’analyse des signes cliniques et des paramètres biologiques des pleurésies exsudatives peut aider à orienter précocement le diagnostic étiologique.