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Introduction
Il est indispensable de déterminer les mécanismes d'une pleurésie pour orienter l'enquête diagnostique. Les critères de Light définis en 1972 sont encore aujourd'hui la pierre angulaire pour classer les pleurésies en nature exsudative (maladie pleurale) et transsudative (maladie générale à plèvre saine)[1].
Méthodes
À partir de l'étude ECHOPLEX (étude prospective monocentrique sur les facteurs d’échogénicité des pleurésies), tous les patients explorés pour une pleurésie entre le 1er janvier 2024 et le 15 juin 2025 ont été inclus. Les données recueillies comprenaient des données cliniques, échographiques et biologiques. La nature du liquide pleural était déterminée par les critères de Light : un transsudat était retenu si le rapport protides pleurales/sanguines < 0,5, LDH pleurales/ sanguines < 0,6 et taux de LDH < 200 U/L. Le mécanisme définitif était retenu après relecture complète du dossier.
Résultats
Sur la période de 18 mois, 266 patients ont été explorés pour une pleurésie, 16 ont été exclus (15 données incomplètes, 1 refus) et 250 patients ont été retenus pour l'analyse. Après relecture des dossiers, 194 (78%) pleurésies étaient exsudatives, 38 (15,2%) transsudatives et 18 (7,2%) mixtes (étiologies multiples avec un moins une étiologie d'inflammation pleurale associée à une insuffisance d’organe, le plus souvent cardiaque (16 patients)) En ne retenant que la protidopleurie : un seuil>35 g/L a une sensibilité (Se) de 81% et une spécificité (Spe) de 86% pour le diagnostic d’exsudat. une protidopleurie < 25g/L a une Se de 47% et une Spe de 97% pour le diagnostic de transsudat. Si les 3 critères de Light sont négatifs, la Se est de 76% et la Spe de 97%. Pour le diagnostic de transsudat, si les 3 critères sont positifs : la Se et Spe pour le diagnostic d’exsudat sont de 54 et 100%. Si au moins 1 critère est positif : la Se et Spe pour le diagnostic d’exsudat sont de 97,6% et de 76% respectivement, correspondant aux données de la littérature. Si on ajoute le gradient d’albumine (albumine sang-albumine plèvre>12g/L) dans les cas douteux, en particulier avec protidopleurie élevée et LDH basse, plus d’exsudats (30%) sont mal classés en transsudat. Dans le groupe spécifique des insuffisances cardiaques pures (n=29), 4 étaient classées en exsudat selon Light, 2 sont reclassés en transsudat en ajoutant le gradient d’albumine.
Conclusion
Les critères de Light gardent la meilleure sensibilité pour le diagnostic d’exsudat (97%) mais une spécificité à seulement 76% risquant de sur-explorer des transsudats. Le gradient d’albumine n’apparait pas pertinent pour augmenter la spécificité, sauf dans le groupe des pleurésies secondaires aux insuffisances cardiaques. Le taux de protides seul n’est pas suffisant pour classer les pleurésies.
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Références
[1] Annals of Internal Médecine 1972, 77 : 507-213
[2] Chest 1990, 98 : 546-549