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Introduction
Le diagnostic d'asthme repose sur des symptômes évocateurs associés à une variabilité anormale du débit expiratoire, évaluée par la mesure du VEMS. Bien que la spirométrie soit la méthode de référence, elle exige une coopération active du patient, ce qui en limite l’utilisation. L’oscillométrie représente une alternative prometteuse : non invasive, plus physiologique, sans manœuvres forcées, facile à réaliser et mieux adaptée aux patients exclus des tests conventionnels. Toutefois, ses performances diagnostiques restent à préciser. L’objectif de ce travail est donc de comparer l’efficacité de l’oscillométrie à celle du test à la méthacholine pour le diagnostic de l’hyperréactivité bronchique chez des patients présentant une suspicion d’asthme.
Méthodes
Il s’agit d’une étude rétrospective, descriptive, monocentrique, incluant les patients ayant réalisé un test à la méthacholine ainsi que de oscillations forcées au sein des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg entre le 01/01/2021 et le 02/05/2024. Une baisse du VEMS de 20% ou plus signe un test à la méthacholine positif. Concernant l'évaluation oscillométrique, une élévation des résistances des voies respiratoires de 40% ou plus est considérée comme significative.
Résultats
La cohorte comprend 130 patients (66% de femmes, âge moyen de 47 ans). Parmi eux, 26 ont un test de provocation bronchique à la méthacholine positif. L’IMC moyen est significativement plus élevé dans le groupe au test positif. L’atopie documentée ne diffère pas entre les groupes. Aucune association significative n’a été retrouvée entre la valeur du FeNO et le résultat du test de provocation. Les résistances mesurées par oscillométrie (5, 11 et 19 Hz) avant et après inhalation de méthacholine sont significativement plus élevées dans le groupe au test positif, particulièrement à 5 Hz. La variation des résistances à 5 Hz après inhalation de méthacholine est également plus importante dans le groupe au test positif. Après bronchodilatation, la réduction des résistances est plus marquée chez les patients au test positif, bien que leurs valeurs absolues restent supérieures. Les performances des oscillations forcées comparées au test à la méthacholine sont les suivantes : Sensibilité 54%, Spécificité 60%, VPP 25,5%, VPN 84%. Un seuil de positivité de 34% permet d'obtenir une sensibilité de 77% et une spécificité de 53%
Conclusion
Cette étude met en évidence une concordance moyenne entre le test à la méthacholine et l’oscillométrie (seuil de positivité fixé à 40%). Une des explications possible serait la plus grande sensibilité de cette dernière pour détecter l'hyperréactivité bronchique. La comparaison avec le VEMS plutôt qu’avec des critères cliniques constitue une limite de cette étude. Des études prospectives, longitudinales et de grande ampleur sont nécessaires pour mieux définir le rôle de l’oscillométrie dans la prise en charge des maladies respiratoires et intégrer cette technique de façon standardisée dans la pratique clinique