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Introduction
La découverte de nodules pulmonaires chez des patients ayant un antécédent de cancer extra-thoracique constitue une situation diagnostique complexe. Différencier métastases, deuxième cancer primitif et causes bénignes est fondamental pour adapter la prise en charge et affiner le pronostic. L'objectif de cette étude était de décrire les caractéristiques cliniques, radiologiques et étiologiques des nodules pulmonaires chez des patients ayant un antécédent de cancer extra-thoracique.
Méthodes
Nous avons conduit une étude descriptive rétrospective à l’hôpital du jour du service de pneumologie du CHU Mohammed VI de Marrakech entre septembre 2024 et juillet 2025, incluant 50 patients présentant des nodules pulmonaires au scanner thoracique et ayant un antécédent de cancer extra-thoracique. Les données cliniques, radiologiques et histologiques ont été analysées.
Résultats
L’âge moyen des patients était de 59 ans (extrêmes : 18–78), avec une prédominance masculine (60%). Les cancers extra-thoraciques les plus fréquents étaient : sein (30%), ORL (20%), colorectal (14%), col utérin (12%), prostate (8%) et autres localisations (16%). Les nodules étaient multiples dans 64% des cas et solitaires dans 36%. Les étiologies des nodules était réparties comme suivant : métastases pulmonaires dans 28 cas (56%) principalement issues des cancers du sein du col utérin et ORL, causes infectieuses dans 9 cas (18%) incluant tuberculose 5 cas et aspergillose 4 cas, cancer bronchopulmonaire primitif dans 6 cas (12%) surtout chez les patients tabagiques se présentant comme des nodules spiculés ou masses, nodules séquellaires : 4 cas (8%), liés à d’anciens processus infectieux ou inflammatoires, causes inflammatoires/systémiques : sarcoïdose dans 3 cas (6%). La confirmation histologique a été obtenue dans 70% des cas, tandis que l’évolution radiologique et le suivi clinico-biologique ont permis le diagnostic dans les autres.
Conclusion
Chez les patients ayant un antécédent de cancer extra-thoracique, les nodules pulmonaires ne sont pas exclusivement métastatiques. Dans notre série, si les métastases représentaient plus de la moitié des cas, près d’un quart correspondaient à des causes bénignes ou à un deuxième cancer primitif. Ces résultats soulignent l’importance d’une évaluation rigoureuse et multidisciplinaire, associant imagerie et confirmation histologique, afin de guider la prise en charge thérapeutique.