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Introduction
Les pneumopathies interstitielles diffuses (PID) constituent un groupe hétérogène de maladies susceptibles d’évoluer vers une insuffisance respiratoire chronique et un retentissement sur la fonction respiratoire. Le nintédanib, un inhibiteur de la tyrosine kinase, a prouvé son bénéfice dans le traitement de la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) et de la fibrose pulmonaire progressive (FPP), en ralentissant le déclin de la fonction respiratoire et en réduisant le risque d’exacerbations aiguës. Ce traitement antifibrosant doit être indiqué dès le diagnostic, après une discussion multidisciplinaire (DMD).
Méthodes
Étude observationnelle rétrospective incluant les patients élligibles à un traitement par Nintédanib sur la base de la décision de la DMD en ligne de l’hôpital Mongi Slim, entre Mars 2021 et Juin 2025. Cette DMD est composée d’experts dans le domaine des PID : pneumologues, un radiologue thoracique spécialisé en imagerie thoracique, un interniste, un immunologiste, un chirurgien thoracique et un anatomopathologiste. Les dossiers de patients provenaient de plusieurs services du Grand Tunis. Des fiches de cas pré-remplies rassemblent les données cliniques et para cliniques, ainsi que les décisions issues de chaque réunion.
Résultats
Parmi les 97 patients inclus, 67 relevaient de notre service (53 FPI et 14 FPP). L'âge moyen est de 65 ans [37-84] avec un sex-ratio H/F de 1,25. Le diagnostic de FPI a été retenu sur la base de patterns scanographiques compatibles dans 22 cas et après biopsie pulmonaire chirurgicale dans 31 cas. Les FPP étaient en rapport avec : connectivites (n=8), pneumopathie d’hypersensibilité fibrosante (n=1), sarcoïdose fibrosante (n=2), pneumopathie interstitielle non spécifique (PINS) idiopathique (n=1) et pneumopathie interstitielle avec caractéristiques auto-immunes (IPAF) (n=1). Le Nintédanib a été instauré à la dose de 150 mg deux fois par jour, pour une durée moyenne de 18 mois [1-44]. Des effets indésirables (EI) ont été rapportés dans 25% des cas ; d'ordre digestifs (diarrhée, nausées, douleurs abdominales : n=14) et hépatiques (cytolyse hépatique : n=3). La diarrhée, effet indésirable le plus fréquent, était rapportée par 11 patients, dont 1 cas sévère rebelle au traitement symptomatique. Des symptômes généraux tels qu’une perte de poids, une anorexie et une asthénie ont été relevés respectivement chez 3, 2 et 1 patients. Une réduction posologique à 100 mg deux fois par jour a été recommandée chez 5 patients. L’arrêt définitif du traitement a été décidé pour 2 patients en raison de la progression de la maladie. La baisse de la capacité vitale forcée (CVF) était de 12% [-15 ; 18] chez les patients traités pendant plus de 24 mois, de 4% [-22 ; 18] pour ceux traités entre 12 et 24 mois, et de 2,5% [-22 ; 25] pour une durée < 12 mois.
Conclusion
Le nintédanib présente un profil de tolérance globalement acceptable chez les patients atteints de PID fibrosantes. Les effets indésirables les plus fréquents sont d’ordre gastro-intestinal, mais restent généralement contrôlables par des traitements symptomatiques et des ajustements thérapeutiques.