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Introduction
Le cancer bronchopulmonaire reste associé à une survie médiocre et à une mortalité élevée. L’objectif de ce travail était d’analyser l’impact des délais de prise en charge sur la survie des patients.
Méthodes
Étude rétrospective incluant 80 patients atteints de CBP primitif, pris en charge entre janvier 2018et mai 2023 au service de pneumologie du CHU Mahdia.
Résultats
Quatre vingt patients ont été inclus, majoritairement des hommes (91,3%), avec un âge moyen de 61,15 ±9,6 ans. Le diagnostic de CBNPC a été porté à un stade avancé dans 56,1%. Le traitement initial était dominé par le traitement systémique (65%), suivi de la chirurgie (21,3%). Le délai global (DG) médian de prise en charge était de 59 jours. De manière paradoxale, la survie médiane était plus élevée chez les patients présentant un délai d’accès au diagnostic (DD)>30 jours (7 vs 5 mois ; p=0,008) et un délai d’accès au traitement (DT)>45 jours (13 vs 5 mois ; p=0,001). En revanche, un DG>60 jours, n’avait pas d’impact significatif (7 vs 5 mois ; p=0,196). En analyse multivariée, un DT>45 jours était associé à une diminution significative du risque de décès (OR=0,253 ; p < 0,001), tandis que la mise en route d’un traitement systémique (OR=6,18 ; p < 0,001) et l’orientation d’emblée en soins palliatifs (OR=13,46 ; p< 0,001) constituaient des facteurs pronostiques défavorables.
Conclusion
Dans cette cohorte, des délais diagnostiques et thérapeutiques plus longs étaient paradoxalement associés à une meilleure survie. Ce résultat s’explique probablement par un biais de gravité : les patients présentant des formes avancées ou rapidement évolutives bénéficiaient d’une prise en charge plus précoce, mais leur pronostic restait défavorable.
Références