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Introduction
Lors d’une hospitalisation pour épisode respiratoire sifflant chez l’enfant, la radiographie de thorax est à ce jour l’examen de référence pour la recherche de complications pulmonaires. L’échographie pulmonaire, examen simple, rapide, sensible et non irradiant, est de plus en plus utilisée, et tend à changer ce paradigme. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’efficacité de l’échographie pulmonaire pour l’identification des complications respiratoires chez des enfants hospitalisés pour épisodes respiratoires sifflants, en comparaison à la radiographie thoracique.
Méthodes
Il s’agit d’une étude bicentrique dans les services de pneumologie pédiatrique de l’hôpital Armand Trousseau à Paris et de pédiatrie générale de l’Hôpital Intercommunal de Créteil. Les patients inclus avaient entre 0 et 18 ans, étaient hospitalisés pour épisode respiratoire sifflant entre le 01/01/2022 et le 31/12/2025, et avaient eu une radiographie thoracique et une échographie pulmonaire à moins 24 heures d’intervalle. Notre étude comporte une phase rétrospective, analysant des données recuillies avant le début de l’étude (01/01/2022-30/11/2024), et une phase prospective à partir du lancement de celle-ci (01/12/2024-31/12/2025). Les anomalies retrouvées à la radiographie thoracique (syndrome bronchique, distension, opacité alvéolaire ou alvéolo-interstitielle, épanchement pleural, pneumothorax), ainsi que celles retrouvées à l’échographie pulmonaire (syndrome interstitiel, condensation, épanchement pleural ou pneumothorax) étaient recueillies et comparées.
Résultats
La collecte des données et l’analyse sont actuellement en cours. À ce stade de l’étude, 118 patients ont été inclus (âge médian 1,51 ans), dont 29 bronchiolites et 89 exacerbations d’asthme. Quatre vingt patients (67,7%) avaient des anomalies à la radiographie thoracique, dont 34 (28,8%) avaient des opacités alvéolaires systématisées. Quatre vingt six patients (72,8%) avaient des échographies anormales, dont 37 (31,3%) avaient des condensations. Une analyse préliminaire de ces résultats retrouve une corrélation significative entre la présence d’une opacité alvéolaire à la radiographie thoracique et la présence de condensations à l’échographie (p< 0,01). Par ailleurs, une corrélation significative a été observée entre la présence de foyers de condensation multiples à l’échographie et la durée d’hospitalisation (p < 0,001), ainsi qu’avec la durée d’oxygénothérapie (p< 0,001). Enfin, le score LUS (Lung Ultrasound Score) était également significativement corrélé à la durée de l’oxygénothérapie (p< 0,01).
Conclusion
À ce stade de l’étude, les données recueillies permettent de mettre en évidence une corrélation entre opacités alvéolaires à la radiographie thoracique et condensations à l’échographie pulmonaire. Ces conclusions demeurent préliminaires et nécessitent une validation par l’analyse complète des données en fin d’étude.
Références
[1] Medicine vol. 99,50 (2020): e23671