· Abstracts CPLF 2026

Analyse des relations entre niveaux de pollution, exacerbations de BPCO et goutte dans 2 régions en France

Résumé PO03-183
Di Meglio F.1 ; Richette P.2 ; Bourdin A.3 ; Latourte A.2 ; Frazier-Mironer A.2 ; Ea K.2 ; Bardoulat I.1 ; Duruisseau A.1 ; Maravic M.1 ; Roche N.4
1IQVIA, Courbevoie, France ; 2Rhumatologie, Hôpital Lariboisière, APHP Nord Université Paris Cité, Paris, France ; 3Pneumologie, Hôpital Arnaud de Villeneuve, Montpellier, France ; 4Pneumologie, Hôpital et Institut Cochin, APHP Centre Université Paris Cité, Paris, France

Auteur correspondant : Roche N email


Introduction

Les exacerbations de BPCO et les crises de goutte pourraient partager certains mécanismes physiopathologiques dont l’activation de l’inflammasome NLRP3. Plusieurs polluants atmosphériques sont des activateurs de NLRP3, et leur niveau dans l’atmosphère a un lien établi avec la survenue des exacerbations de BPCO. Nous avons étudié les relations entre niveaux de pollution atmosphérique, exacerbations de BPCO et crises de goutte, et leur temporalité.

Méthodes

À partir d’une base de dispensation en pharmacies (LRx, IQVIA), deux cohortes ont été constituées à partir de leur première délivrance de traitement d’exacerbation de BPCO (antibiothérapie et/ou une corticothérapie orale, la BPCO étant identifiée par un algorithme préalablement validé)[1] ou de crise de goutte (première délivrance de colchicine sans traitement hypouricémiant concomitant, sans délivrance d’aucun de ces traitements dans les 12 mois précédents), respectivement, entre le 01/05/2022 et le 30/04/2024. Deux régions ont été étudiées : Ile de France et Occitanie. Pour la pollution, les données ATMO ont été utilisées et 4 polluants considérés : particulate matter (PM) 2,5, PM10, NO2et Ozone. Afin d’évaluer à la fois la durée cumulée d’exposition à chacun des polluants et le délai de survenue de l’évènement d’intérêt dans les 15 jours suivant chaque donnée journalière d’exposition, un modèle à retard distribué non linéaire a été appliqué basé sur une régression binomiale négative avec une fonction spline naturelle. Le 75ème percentile de l’ensemble des valeurs de chaque polluant de mai 2021 à mai 2025 en Ile de France et en Occitanie a été utilisé pour définir les plus hauts niveaux (« pics ») de pollution.

Résultats

Au total, 88 180 patients BPCO avec exacerbations et 80 745 patients avec crise de goutte ont été identifiés. Après sélection des cas avec données adéquates, l’analyse a finalement porté sur 37 777 patients avec BPCO exacerbée (âge moyen 73,2 ans, 62,5% d’hommes) et 60 375 patients avec crise de goutte (65,9 ans, 61,5% d’hommes). Les niveaux de PM2,5 et PM10 étaient significativement associés à la survenue d’exacerbations de BPCO, ceux de tous les polluants d’intérêt étaient associés au risque de crise de goutte (Figure 1). L'augmentation de risque survenait habituellement au cours des 24-96h suivant l'élévation du niveau de pollution, et n’était plus significative au-delà de 7 jours.

Conclusion

Les niveaux des principaux polluants atmosphériques sont associés avec un délai de 24-96h jours à une augmentation des risques d’exacerbation de BPCO et de crise de goutte. Ce constat est compatible avec l’existence de mécanismes communs déterminant la survenue de ces évènements.

Références

[1] Joumaa A, Sigogne R, Maravic M, Perray L, Bourdin A, Roche N. Artificial Intelligence to differentiate asthma from COPD in medico-administrative databases. BMC Pulm Med 2022, 2022 Sep 20 ; 22(1):357. doi : 10,1186/s12890-022-02144-2

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Di Meglio F. * ; Richette P. * ; Bourdin A. * ; Latourte A. * ; Frazier-Mironer A. * ; Ea K. * ; Bardoulat I. * ; Duruisseau A. * ; Maravic M. * ; Roche N. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.