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Introduction
Les sténoses trachéo-bronchiques requièrent une prise en charge médicale, endoscopique et chirurgicale amenant à la mise en place d’une DMD dédiée dans notre centre impliquant radiologues, physiologistes, ORL, internistes, dermatologues, chirurgiens thoraciques et pneumologues. L’objectif de ce travail est d’analyser notre expérience en précisant les caractéristiques des patients discutés et pris en charge entre autres à travers le centre SOS Trachée-bronches.
Méthodes
Nous menons une étude rétrospective des dossiers médico-chirurgicaux des patients présentant des atteintes trachéo-bronchiques non néoplasiques ayant été discutés en réunion multidisciplinaire. Sont colligées les données cliniques, endoscopiques (recours à une endoscopie interventionnelle et type de prise en charge : dilatation, prothèse), et chirurgicales (résection-anastomose, trachéobronchoplastie, allogreffe de trachée par tissu aortique cryopreservé) et l’évolution des patients.
Résultats
Depuis 2018, 162 dossiers ont été présentés en DMD-Trachée. 46 patients ont été exclus pour un cancer solide. Huit patients n'ont pas pu être inclus en raison d'un manque de données. Les données de 108 patients (n=66 ; 61% de femmes et n=42 ; 38% d’hommes) avec un âge moyen à la prise en charge dans notre centre de 46 ans ont pu être analysées. Parmi les principales étiologies retrouvées, on note : maladies inflammatoires (n=28 ; 26%) : polychondrite atrophiante (n=11 ; 10%), dermatoses bulleuses (n=9 ; 8%), granulomatose avec polyangéite (n=6 ; 5%), maladie de Crohn (n=2 ; 4%), trachéo-broncho-malacie (n=26 ; 24%), post-intubation (n=24 ; 22%), hémopathies (amylose AL n=7 ; 6%, lymphome de la carène n=1 ; 0,9%), autres : mucopolysaccharidoses (n=5 ; 4%), trachéobronchoplastie ostéochondroplastique (n=1 ; 0,9%), post-tuberculeuse (n=4 ; 3%), congénitale (n=1 ; 0,9%), goitre compressif (n=1 ; 0,9%), post-thyroïdectomie (n=1 ; 0,9%), idiopathique (n=7 ; 6%). Une endoscopie interventionnelle a été pratiquée au moins une fois chez 64 patients (59%) pour une dilatation (n=42 ; 30%) ou une pose d’endoprothèse (n=36 ; 33%). Une prise en charge chirurgicale a été nécessaire pour 27 patients (25%) consistant en une trachéobronchoplastie (n=11 ; 10%), une résection-anastomose (n=7 ; 6%), une allogreffe de trachée par tissu aortique cryopreservé (n=9 ; 8%). Durant leur prise en charge, 25 patients ont nécessité une trachéotomie (23%). Concernant les traitements médicaux, 29 patients (26%) ont bénéficié d’un traitement immunosuppresseur : corticoïdes seuls ou en association (n=19 ; 17%), Rituximab (n=9 ; 8%), Méthotrexate (n=5 ; 4%), Mycophenolate Mofétil (n=6 ; 5%). 27 patients (25%) ont bénéficié d'un appareillage respiratoire par PPC ou VNI. Au cours du suivi, 14 patients sont décédés (13%).
Conclusion
Les pathologies trachéales non cancéreuses sont des affections sévères dont le spectre est très large et qui nécessitent une prise en charge multimodale exigeant une concertation multidisciplinaire.