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Introduction
Le kyste hydatique pulmonaire est une parasitose fréquente en zone endémique. Parmi ses complications, la rupture intrapleurale se révélant par un hydropneumothorax, tableau dramatique constituant une véritable urgence respiratoire. L’objectif de cette étude était de comparer les caractéristiques cliniques, radiologiques, thérapeutiques et évolutives des patients présentant un kyste hydatique pulmonaire compliqué d’hydropneumothorax à ceux ayant un kyste hydatique pulmonaire non compliqué.
Méthodes
Il s’agit d’une étude analytique rétrospective menée au service de pneumologie du CHU Ibn Rochd entre 2015 et 2024, incluant 54 patients pris en charge pour kyste hydatique pulmonaire. Deux groupes ont été constitués : le premier incluant 14 patients dont le kyste s’était révélé par un hydropneumothorax (groupe 1) et le second regroupant 40 patients porteurs de kystes pulmonaires non compliqués (groupe 2). Les données cliniques, radiologiques et thérapeutiques ont été recueillies et comparées à l’aide du test du Chi² ou du test exact de Fisher avec un seuil de significativité fixé à p < 0,05.
Résultats
L’âge moyen était significativement plus élevé dans le groupe 1 (42±12 ans) par rapport au groupe 2 (31±10 ans ; p=0,01). La dyspnée brutale et la douleur thoracique constituaient le mode révélateur dans 100% des cas compliqués, alors que la toux chronique (72%) et l’expectoration (55%) dominaient dans le groupe non compliqué (p < 0,001). Sur le plan radiologique, l’hydropneumothorax compressif associé à une formation kystique rompue était constant dans le groupe 1, tandis que les kystes à paroi intacte prédominaient dans le groupe 2. Le traitement reposait sur le drainage pleural suivi d’une chirurgie d’exérèse dans 93% des cas du groupe 1, alors que la chirurgie isolée était réalisée dans 85% des cas du groupe 2 (p=0,03). L’évolution postopératoire était favorable dans les deux groupes, mais les complications immédiates étaient plus fréquentes dans le groupe 1 (empyème dans 21%, fistule bronchopleurale dans 14%) comparativement au groupe 2 (5% et 2% respectivement ; p=0,04).
Conclusion
En conclusion, l’hydropneumothorax est une complication rare mais grave du kyste hydatique pulmonaire. L’étude comparative met en évidence des différences significatives sur le plan clinique et thérapeutique, soulignant l’importance d’une reconnaissance rapide et d’une prise en charge médico-chirurgicale multidisciplinaire afin d’améliorer le pronostic vital et fonctionnel de ces patients.