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Résumés CPLF 2026 

Profil évolutif des pneumonies hypoxémiantes : Étude rétrospective sur 44 patients au CHU Mohammed VI

Résumé PO08-273
Chahid A.*1 ; Ijim M.1 ; Fikri O.1 ; Amro L.1
1Service de Pneumologie, Hôpital ARRAZI, CHU Mohammed VI, Labo LRMS, FMPM, UCA, Marrakech, Maroc

Auteur correspondant : Chahid A. 


Introduction

La pneumonie hypoxémiante constitue une cause importante de morbidité et de mortalité en milieu hospitalier. Elle se définit par une infection parenchymateuse pulmonaire responsable d’une altération sévère des échanges gazeux, nécessitant fréquemment une oxygénothérapie prolongée, voire une admission en réanimation. Il s’agit d’une entité relativement peu fréquente, mais de pronostic redoutable, en particulier chez les patients fragiles ou porteurs de comorbidités. Son évolution est marquée par un risque élevé de complications respiratoires chroniques et parfois de décès. L’objectif de notre travail est de décrire les aspects cliniques, évolutifs et thérapeutiques des pneumonies hypoxémiantes hospitalisées dans notre service sur une période allant de mai 2024 à mai 2025.

Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective ayant inclus 44 patients hospitalisés pour pneumonie hypoxémiante entre le 22 mai 2024 au 7 mai 2025. Les critères d’inclusion comprenaient une pneumonie confirmée à la fois cliniquement et radiologiquement, associée à une hypoxémie définie par une saturation en oxygène (SpO₂) inférieure à 92% à l’air ambiant. Les données recueillies pour chaque patient incluaient l’âge, le sexe, les comorbidités, la saturation en oxygène à l’air ambiant et sous oxygène, le type d’oxygénothérapie administrée, le recours éventuel à la réanimation, la durée d’hospitalisation, les résultats d’imagerie, les germes impliqués et l’issue hospitalière.

Résultats

L’âge moyen des patients inclus était de 56±15 ans, avec des extrêmes allant de 31 à 85 ans. La population était majoritairement masculine, avec 31 hommes (70%) et 13 femmes (30%). Concernant les comorbidités, 50% des patients ne présentaient aucune pathologie associée, tandis que le diabète était retrouvé chez 15%, la BPCO chez 8%, l’hypertension artérielle chez 10%, et une bronchite chronique ou un tabagisme chronique chez 17%. La saturation en oxygène à l’admission était en moyenne de 90±2%. L’oxygénothérapie a été administrée par lunettes nasales dans 60% des cas, par masque à haute concentration (MHC) dans 25%, et par VNI ou Optiflow dans 15%. Cinq patients (11%) ont nécessité un transfert en réanimation. L’imagerie thoracique montrait une atteinte unilatérale dans 55% des cas et bilatérale dans 45%. Concernant les germes identifiés, Streptococcus pneumoniae était responsable d’environ 35% des cas (14 à 15 patients), Haemophilus influenzae de 20% (8 à 9 patients), Klebsiella pneumoniae de 15% (6 à 7 patients), et Pseudomonas aeruginosa de 10% (4 à 5 patients). Des germes atypiques comme Mycoplasma ou Chlamydophila ont été retrouvés dans environ 5 à 7% des cas (2 à 3 patients). Aucun germe n’a été identifié dans environ 10 à 15% des cas (4 à 6 patients), les cultures étant restées négatives. La durée moyenne d’hospitalisation était de 9±4 jours. L’évolution a été favorable chez 43 patients (98%), tandis qu’un seul décès (2%) a été enregistré. La majorité des patients ont été stabilisés sous oxygénothérapie dans le service de pneumologie après un éventuel passage en réanimation, avec maintien temporaire de l’oxygène.

Conclusion

Les pneumonies hypoxémiantes constituent une pathologie grave mais la majorité des patients peuvent être stabilisés en pneumologie sous oxygénothérapie. La reconnaissance précoce des patients à risque et la prise en charge adaptée, incluant le transfert en réanimation si nécessaire, restent essentielles pour réduire la mortalité et les complications.


Chahid A. * ; Ijim M. * ; Fikri O. * ; Amro L. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK