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Introduction
Après FASE-CPHG (1) en 2016 qui avait inclus 1502 patients atteints d'asthme sévère, nous avons lancé en Mars 2022 une nouvelle étude des patients atteints d’asthme sévère (pallier 5 GINA 2022), âgés de plus de 18 ans, vus en consultation ou en hospitalisation dans un CHG. Il s'agit d'une étude observationnelle transversale portant sur 970 patients atteints d’asthme sévère : 691 sous BT et 279 sans BT. Les données recueillies incluaient les caractéristiques sociodémographiques, les comorbidités, le tabagisme, le contrôle de l’asthme (ACT), l’observance (score de Girerd), les traitements de fond, ainsi que la fréquence des exacerbations, le recours aux corticoïdes oraux, les hospitalisations et les passages aux urgences.
Méthodes
Depuis le 01/03/2022, sont inclus les patients Nous présentons une analyse portant sur le contrôle de la maladie asthmatique.
Résultats
Les patients sous BT étaient plus âgés (55,6 vs 51,7 ans, p< 0,001), moins souvent de sexe féminin (63% vs 73%, p< 0,01), moins fréquemment fumeurs (8,5% vs 16,5%, p< 0,001) ou consommateurs de cannabis (1,7% vs 5,7%, p< 0,001). La polypose naso-sinusienne était plus fréquente (30% vs 18%, p< 0,001). Concernant les exacerbations au cours des 12 derniers mois, le nombre moyen était similaire (1,9 vs 2,2, NS), mais la proportion d’exacerbateurs fréquents était réduite sous BT (37% vs 48%, p< 0,01). Les patients sous BT présentaient également moins d’hospitalisations (0,2 vs 0,5, p< 0,001), moins de passages aux urgences (0,3 vs 0,6, p< 0,0001) et moins souvent un recours global aux soins aigus (18% vs 32%, p< 0,0001). Chez les patients avec une durée de traitement inférieure à 6 mois (n=162), les indicateurs de sévérité restaient plus défavorables : nombre moyen d’exacerbations (3,8 vs 1,3, p< 0,0001), proportion d’exacerbateurs fréquents (64% vs 28%, p< 0,0001), recours accru aux cures de corticoïdes oraux (40% vs 22%, p< 0,0001) et dose cumulée annuelle plus élevée (1230 mg vs 630 mg, p=0,002). Les passages aux urgences ou hospitalisations concernaient 34% de ces patients vs 12% pour ceux traités depuis plus de 6 mois (p< 0,0001). Le contrôle de l’asthme et l’observance étaient significativement améliorés sous BT : moins d’oublis et de retards de prise, proportion plus élevée de patients observants selon le score de Girerd (35% vs 25%, p< 0,01). Les doses de corticostéroïdes inhalés étaient également réduites (1300 vs 1800 µg/j, p< 0,0001).
Conclusion
Chez les patients atteints d’asthme sévère, la biothérapie est associée au-delà de 6 mois de traitement, à une diminution significative des exacerbations sévères, du recours aux urgences et hospitalisations, ainsi que de l’exposition aux corticoïdes oraux, avec une amélioration du contrôle et de l’observance thérapeutique. Ces résultats confirment le bénéfice des biothérapies dans l’asthme sévère, tout en soulignant le délai nécessaire à l’obtention d’une efficacité clinique optimale.
Références
[1] FASE-CPHG study : a panoramic snapshot of difficult-to-treat, severe asthma in French nonacademic hospitals. Portel L, et al. ERJ Open Res. 2019 Oct 30 ; 5(4):00069-2019