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Résumés CPLF 2026 

Impact du contexte socio-économique et du lieu de naissance dans le diagnostic différentiel entre pneumopathie d’hypersensibilité fibrosante et fibrose pulmonaire idiopathique

Résumé CO08-44
Jehan-Kimmel J.1,2 ; Hindré R.1 ; Bouvry D.1 ; Uzunhan Y.1 ; Freynet O.1 ; Nunes H.*1 ; Sese L.*3
1Centre de référence Maladies Pulmonaires rares, site constitutif, Hôpital Avicenne, Inserm UMR 1272, Université Sorbonne Paris Nord ; 2Interne DES de Pneumologie, Université Paris-Saclay ; 3Service de Physiologie, Hôpital Avicenne, Inserm Santé publique, Université Sorbonne Paris Nord.

Auteur correspondant : Jehan-Kimmel J. 


Introduction

La pneumopathie d’hypersensibilité (PHS) est secondaire à une exposition antigénique identifiée ou suspectée. Dans sa forme fibrosante (PHSf), elle partage de nombreuses caractéristiques cliniques, radiologiques et histologiques avec la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI), rendant leur distinction parfois difficile. Cette confusion diagnostique a des conséquences thérapeutiques majeures, les stratégies initiales différant entre les deux entités. La littérature suggère que des déterminants environnementaux, génétiques et socio-économiques pourraient contribuer aux variations épidémiologiques de la PHSf observées à travers le monde1. Dans ce contexte, nous avons émis l’hypothèse qu’un bas niveau socio-économique et le lieu de naissance pouvaient constituer des facteurs discriminants dans l’orientation diagnostique entre PHSf et FPI.

Méthodes

Nous avons conduit une étude monocentrique rétrospective incluant les patients ayant un diagnostic de PHSf ou de FPI porté en discussion multidisciplinaire pris en charge entre janvier 2020 et décembre 2023. Le niveau de vie a été estimé à l’adresse de résidence à partir des données publiques INSEE. Le lieu de naissance a été codé par pays et continent. Les analyses statistiques ont comporté des comparaisons univariées et multivariées en régression logistique.

Résultats

Nous avons inclu 521 patients (334 FPI et 187 PHSf). Les patients ayant une PHSf différaient des sujets avec une FPI sur le sexe (48% vs 83% d’homme, p=0,03), l’âge (66,3 vs 72,7 p=3,1 x 10-9), le tabagisme (46,9% vs 83 ;4%, p=3,1 x 10-9), la présence d’une exposition à un antigène de PHS (77,0% vs 27,5% p=3,9 x 10-27), et le revenu annuel médian (21 579,50 [18 012,20 – 26 010,30] vs 23 095,90 [19 035,90 – 27 305,50], p=0,018). La proportion de sujets nés hors de France était plus élevée dans le groupe PHSf (55,1% vs 44,9%, p=0,03). De plus, la proportion relative de PHSf chez les patients nés en Asie apparaissait plus élevée que chez ceux nés dans les autres continents, où la FPI prédominait nettement (figure1). En analyse multivariée, seule une origine non française semblait être prédictif, à la limite de la significativité, du diagnostic de PHSf par rapport à la FPI après ajustement sur le sexe et l’âge (OR 1,49 IC95% [1 ; 2,22] p=0,052).

Conclusion

Un niveau socio-économique plus bas et une origine non française pourraient être associés au diagnostic de PHSf par rapport à la FPI. La nature de cette association reste à déterminer (facteurs génétiques, conditions de vie…).

Références

[1] Am J Respir Crit Care Med. 2017 ; 195 : 801–813.

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Jehan-Kimmel j. * ; Hindré R. * ; Bouvry D. * ; Uzunhan Y. * ; Freynet O. * ; Nunes H. * ; Sese L. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK