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Introduction
La réhabilitation pulmonaire est un pilier fondamental de la prise en charge de la BPCO, permettant une amélioration de la dyspnée, de la qualité de vie et de la tolérance à l’effort. Pourtant, l’adhésion et la poursuite du programme restent limitées, avec un taux d’abandon rapporté dans la littérature allant de 20 à 50%. Identifier les facteurs prédictifs de non-adhérence est essentiel pour optimiser la prise en charge.
Objectifs : Cette étude vise à identifier les facteurs prédictifs de non-adhérence à la réhabilitation pulmonaire des patients BPCO au Maroc.
Méthodes
Il s’agit d’une étude descriptive transversale menée auprès de 224 patients suivis pour BPCO au service de pneumologie au CHU Souss Massa, admis entre juin 2022 et 2025. Les données ont été collectées à l’aide de questionnaires structurés.
Résultats
L’âge moyen des patients était de 58,2±10 ans ; 82,2% étaient des hommes. La durée moyenne du premier séjour était de 7±2 jours. Le taux de mortalité était de 7% au total. 64% des patients étaient hospitalisés pour la première fois. La réhabilitation pulmonaire était recommandée à 42% des patients, dont 35% étaient en stade d’insuffisance respiratoire chronique. Les facteurs liés à la non-adhérence à la réhabilitation pulmonaire identifiés étaient l’âge avancé>60 ans (p=0,045), faible niveau socio-économique (p< 0,001), bas niveau d’instruction (p=0,002), stade avancé de la BPCO (GOLD III–IV) (p=0,02), dénutrition sévère (p=0,04), et finalement le tabagisme actif persistant (p< 0,001). D’autres facteurs étaient fréquents chez ces patients, mais n’étaient pas statistiquement significatifs : la dépression était retrouvée chez 60% des patients, l’anxiété dans 49% et la sédentarité chronique dans 42%. Par ailleurs, 48% des patients avaient une adhérence globale faible aux autres traitements (oxygénothérapie au long cours, inhalateurs).
Conclusion
La non-adhérence à la réhabilitation pulmonaire chez les patients BPCO est multifactorielle, influencée par les dimensions socio-économiques, cliniques et psychologiques. Une prise en charge individualisée intégrant l’éducation thérapeutique, le soutien psychologique, l’adaptation logistique et l’implication de l’entourage permet de réduire le risque d’abandon et d’améliorer la continuité du programme.