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Introduction
La BPCO est une maladie hétérogène, parfois associée à une inflammation T2. Les données en vie réelle sur les biothérapies ciblant l’inflammation de type T2 dans la BPCO restent limitées.
Méthodes
Étude observationnelle, rétrospective, monocentrique en vie réelle à l’hôpital Foch. Ont été inclus les patients atteints de BPCO suivis entre juin 2018 et mars 2025, traités pendant au moins 3 mois par une biothérapie ciblant la voie T2 (benralizumab, dupilumab, mepolizumab, omalizumab ou tezepelumab). L’objectif principal était de comparer le nombre annuel d’exacerbations modérées à sévères avant et après l’introduction de la biothérapie.
Résultats
93 patients ont été inclus (durée de suivi moyen 99 mois). L’âge moyen était de 69 ans, 46,2% étaient des femmes, le nombre de paquets-années étaient de 48,5, 78,5% étaient sevrés de tabac. 35% présentaient une histoire d’asthme. Avant biothérapie, 84,9% étaient sous trithérapie inhalée, 11,8% sous ventilation non invasive, et 33,3% sous oxygénothérapie de longue durée. La majorité étaient classés GOLD 4 avec un VEMS moyen de 1148 mL. La biothérapie a réduit significativement le nombre annuel médian d’exacerbations modérées à sévères, passant de 2,0 à 1,0 (réduction relative de 50%, p < 0,001). Cette diminution était plus marquée chez les patients avec asthme associé (75%) et chez ceux avec éosinophilie sanguine>300/mm³ (66%). Les patients sans asthme (65%) ont aussi bénéficié d’une réduction significative (44%). Le nombre annuel médian de cures de corticoïdes est passé de 1,4 à 0,57 (p < 0,001), et la dose cumulée annuelle de corticoïdes a diminué de 74,6%. Les hospitalisations pour exacerbation ont été réduites de 72% (p=0,002). Il n’y a pas eu d’effet significatif sur le déclin annuel du VEMS. En analyse multivariée, un antécédent d’asthme et un taux élevé d’éosinophiles sanguins avant traitement étaient associés à une meilleure réponse.
Conclusion
Cette étude rétrospective en vie réelle suggère que les biothérapies réduisent significativement la fréquence des exacerbations et la consommation de corticoides chez les patients BPCO.