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Introduction
La corticothérapie inhalée (CSI) occupe une place restreinte dans la prise en charge de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), réservée aux patients présentant un asthme associé et/ou une éosinophilie sanguine élevée. Cependant, les données de la vie réelle suggèrent un recours parfois excessif ou inapproprié à la CSI. L’objectif de ce travail était d’évaluer les prescriptions de CSI par rapport aux recommandations GOLD.
Méthodes
Étude observationnelle, rétrospective, multicentrique incluant 270 patients BPCO suivis en pneumologie. Les données cliniques (phénotype GOLD, antécédents d'asthme), biologiques (éosinophilie sanguine) et thérapeutiques ont été analysées. La prescription de CSI était considérée comme conforme aux recommandations GOLD si le patient présentait un antécédent d'asthme et/ou une éosinophilie≥300 cellules/µl.
Résultats
La cohorte incluait 270 patients (98,9% hommes), âge moyen 68,8±10,8 ans, tous fumeurs actifs ou sevrés. Répartition GOLD :À (20,4%), B (35,6%), E (44,1%). Au total, 32,2% des patients (n=87) recevaient une CSI. Parmi eux, 43,7% (n=38/87) n’étaient pas éligibles selon GOLD. Cette prescription non conforme concernait majoritairement les patients GOLD E (65,8%, n=25/38) et GOLD B (31,6%, n=12/38). Inversement, 23,3% des patients (n=63) étaient éligibles à une CSI (asthme et/ou éos>300), mais seuls 49,2% (n=31/63) en bénéficiaient effectivement.
Conclusion
Nos résultats révèlent une double inadéquation des prescriptions de CSI dans la BPCO : un usage excessif chez des patients non éligibles selon les critères GOLD, couplé à une sous-utilisation chez les patients éligibles. Cette discordance souligne l'impérative nécessité d'une stratification phénotypique rigoureuse et d'une personnalisation thérapeutique pour optimiser le rapport bénéfice-risque de la CSI.