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Introduction
Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaires (ICIs) ont transformé le traitement des tumeurs solides, en particulier pour les cancers pulmonaires (CP). Initialement administrés en Hôpital de Jour (HDJ), les ICIS bénéficient, depuis 2015, d’une prise en charge alternative en Hospitalisation à Domicile (HAD), encouragée par la Haute Autorité de Santé. L’administration des ICIs en HAD s’est développée suite à la pandémie COVID, grâce à une organisation coordonnée entre HDJ et HAD assurant des soins de qualité au domicile, selon des recommandations d’experts (1). L’étude SATISFACT-HOME se concentre sur cette transition de l’HDJ vers l’HAD et évalue la perception des patients concernant la qualité des soins, leur qualité de vie (QdV), leurs attentes et expériences vis-à-vis de l’immunothérapie en HAD.
Méthodes
Des patients atteints de tumeurs solides avancées (CP inclus), recevant des ICIs en HDJ et jugés éligibles à l’HAD pour la première fois par leur oncologue, ont été inclus dans cette étude prospective observationnelle menée dans 11 centres disposant d’un recours à une structure HAD. À l’inclusion, tous les patients ont complété les auto-questionnaires EORTC-PATSATC33 (satisfaction des soins, score sur 100) et FACT-G7 (QdV, score sur 28), indépendamment d’un passage vers l’HAD. Les patients effectivement traités en HAD ont complété ces questionnaires lors des visites intermédiaire (après 2 perfusions) et finale à 24 semaines.
Résultats
L’étude a inclus 49 patients, majoritairement des hommes (71,4%) d’un âge moyen de 70,4±8,9 ans, présentant un ECOG-PS 0-1 pour 85,7% et traités par ICI depuis 4,7 mois (IQR : 2,7 ; 9,9) en médiane. Parmi eux, 40 patients (81,6%) présentaient un CP dont 92,5% à un stade avancé métastatique, traités par ICI en monothérapie (62,5%) ou en association avec une chimiothérapie (37,5%). La possibilité de recourir à l’HAD pour l’administration des ICIs était très peu ou non connue des patients (Table 1). Au total, 82,5% des patients avec CP (n= 33) ont accepté la transition en HAD principalement pour une meilleure organisation de la vie quotidienne (70,0%), plus de temps avec leurs proches (43,3%) ou pour eux-mêmes (33,3%). Le score de satisfaction globale des soins (PATSAT-C33) de 71,7± 18,3 en HDJ est resté stable après passage en HAD, lors des visites intermédiaire (76,2± 18,5) et finale (77 ,5± 21,8) pour les patients CP. Le score FACT-G7 s’est amélioré, passant de 18,1± 3,7 à 19,5± 3,9 et 20,1± 3,8 aux visites intermédiaire et finale. L’organisation des soins en HAD a été perçue satisfaisante, suffisante pour une auto-surveillance de la tolérance de l’ICI et était conforme aux recommandations (Table 1). A la visite finale, 86,4% des patients CP préférait l’HAD à l’HDJ, 95,5% se sentaient en sécurité lors de l’administration des ICIs en HAD, et 90,9% déclaraient un meilleur bien-être.
Conclusion
L’administration des ICIs en HAD apparaît bien acceptée par les patients atteints de CP, permettant de maintenir la satisfaction des soins et d’améliorer la QdV. Cette alternative à l’HDJ répond aux attentes des patients qui la choisissent et mérite d’être davantage intégrée dans les parcours de soins.
Références
1) Bull Cancer 2022; 109 : 98-105
Cette étude a été financée par Bristol Myers Squibb