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Introduction
Le syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) a été longtemps considéré comme une pathologie masculine. Pourtant, les différences liées au genre dans la présentation clinique et la présentation polygraphique peuvent influencer le diagnostic et la prise en charge. Cette étude vise à comparer les caractéristiques cliniques et polygraphiques du SAOS selon le genre en Tunisie.
Méthodes
Il s’agit d’une étude rétrospective incluant tous les patients atteints de SAOS confirmé par polygraphie ventilatoire sur une période de 5 ans (2018-2023). Le diagnostic de SAHOS a été retenu devant un index d’apnées-hypopnées (IAH)≥5/h.
Résultats
Le SAOS a été confirmé chez 436 patients, dont 241 hommes et 195 femmes (ratio H/F=1,23). Les femmes étaient significativement plus âgées (58±10 contre 52±12 ans, p< 0,001). Les comorbidités significativement plus fréquentes chez les femmes étaient : l’hypertension artérielle (62% contre 45%, p=0,001), le diabète (38% contre 24%, p=0,002), l’hypothyroïdie (21% contre 2%, p< 0,001) et la dyslipidémie (12% contre 4%, p=0,002). Seule la cardiopathie ischémique était significativement plus fréquente chez les hommes (7% contre 2%, p=0,004). Les symptômes significativement plus fréquents chez les femmes étaient : la nycturie (84% contre 75%, p=0,03), la fatigue matinale (86% contre 64%, p< 0,001), le sommeil agité (75% contre 58%, p< 0,001), les céphalées matinales (77% contre 50%, p< 0,001), les sueurs nocturnes (65% contre 49%, p=0,01) et somnolence diurne excessive (Epworth≥11) (53% contre 47%, p=0,008). L’indice de masse corporelle était significativement plus élevé chez femmes (35, ±6 contre 31,7±4 kg/m², p< 0,001). Le périmètre cervical moyen était significativement plus important chez les hommes (43 contre 39,5 ; p=0,004). Le SAHOS était plus sévère chez les hommes avec un IAH significativement plus élevé (31 contre 20/h ; p< 10-3) avec une fréquence plus élevée du SAHOS sévère (52 contre 34% ; p=10-3).
Conclusion
Le SAHOS s’associe à des comorbidités plus fréquentes chez les femmes avec des symptômes plus fréquents, tandis qu’il est plus sévère chez les hommes, soulignant des profils cliniques distincts selon le genre.