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Introduction
Le syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), dont la prévalence croît avec l’ âge, reste sous-diagnostiqué chez les sujets âgés. Cette sous-estimation s’explique en partie par des présentations cliniques atypiques. D’où l’intérêt d’explorer les particularités cliniques, fonctionnelles et évolutives du SAHOS dans cette population, en comparaison avec les sujets plus jeunes
Méthodes
Nous avons mené une étude rétrospective et comparative incluant 119 patients suivis à l’unité de sommeil et de ventilation du service de pneumologie de l’hôpital militaire de Tunis, présentant un SAHOS confirmé par polygraphie ventilatoire (Index apnée hypopnée IAH>5/h). La population d’étude a été répartie en deux groupes selon l’âge : groupe 1 (G1), sujets âgés≥65 ans, et groupe 2 (G2), sujets jeunes (< 65 ans).
Résultats
Les sujets âgés représentaient 31,1% (n=37) de l’ensemble des patients atteints de SAHOS, avec un âge moyen respectivement de 69,6±5,9 ans pour G1 et 47,1±11,4 ans pour G2. La répartition selon le sexe montrait une prédominance féminine dans les deux groupes (G1 : 54% vs G2 : 52%, p=0,87), tandis que le tabagisme était plus fréquent dans le G1 (40,5% vs 34,1%, p=0,50). Les comorbidités étaient significativement plus observées dans le G1, dominées par l’hypertension artérielle (67,6% vs 31,7%, p < 10⁻³), les antécédents thromboemboliques (18,9% vs 2,4%, p=0,002) et la fibrillation auriculaire (19,2% vs 4,1%, p=0,048). l’asthme était plus fréquent chez les sujets jeunes (26,8% vs 5,4%, p=0,007). Sur le plan clinique, les symptômes évocateurs de SAHOS étaient plus présents chez les sujets âgés, notamment la fragmentation du sommeil (59,5% vs 23,2%, p < 10⁻³) et la nycturie (56,8% vs 36,6%, p=0,04) avec une fréquence nocturne plus élevée (2,6 vs 0,9 épisodes par nuit, p=0,025). la fatigue diurne était plus fréquente chez les sujets jeunes (59,8% vs 35,1%, p=0,013). La sévérité du SAHOS était comparable entre les deux groupes, avec un IAH moyen similaire (G1 : 36 vs G2 : 31, p=0,27), de même que l’index de désaturation, l’index de ronflement et le temps passé avec une SpO₂ inférieure à 90%. Sur le plan biologique, le G1 présentait une cholestérolémie totale (5,2 vs 4,1 mmol/L, p=0,003) et un taux de LDL (3,1 vs 2,3 mmol/L, p=0,004) significativement plus élevés, tandis que les taux de triglycérides, de glycémie à jeun et de LDH demeuraient comparables entre les deux groupes.
Conclusion
Le SAHOS du sujet âgé constitue une entité particulière, marquée par une symptomatologie moins évocatrice et un poids comorbide plus élevé. Une meilleure connaissance de ces spécificités doit conduire à un dépistage plus systématique et une prise en charge adaptée.