·
Introduction
La médiastinoscopie demeure la technique de référence pour l’exploration médiastinale. Cependant, ces dernières années, des approches moins invasives ont été développées, notamment l’aspiration à l’aiguille transbronchique sous guidage échographique endobronchique (EBUS-TBNA). L’objectif de cette étude était d’évaluer le rendement diagnostique, la sécurité et les complications de l’EBUS-TBNA par rapport à la médiastinoscopie.
Méthodes
Il s’agit d’une étude rétrospective et comparative portant sur des patients hospitalisés au Service de Pneumologie de l’Hôpital Militaire de Tunis et au Service de Chirurgie Thoracique de l’Hôpital Abderrahman Mami, entre mars 2022 et septembre 2024, pour l’évaluation d’adénopathies médiastinales.
Les patients ont été répartis en deux groupes :
G1 (17 patients) : ayant bénéficié d’une EBUS-TBNA
G2 (25 patients) : ayant subi une médiastinoscopie
Résultats
Dix-sept patients ont bénéficié d’une EBUS-TBNA. La procédure a été réalisée à l’aide d’un vidéobronchoscope de 7 mm, associé à un transducteur linéaire ultrasonore de 7,5 MHz et à des aiguilles dédiées de calibre 22G/19G, avec trois passes par ganglion lymphatique. Un diagnostic étiologique a été obtenu chez 13 des 17 patients, comprenant 5 cas d’adénocarcinomes pulmonaires, 4 cas de tuberculoses, 3 cas de sarcoïdoses et 1cas de lymphome. La médiastinoscopie a été réalisée chez 25 patients, avec un diagnostic positif obtenu dans 24 cas. La comparaison entre les deux techniques n’a révélé aucune différence significative en termes d’âge (56 vs 54 ans) ou de sexe (ratio 1,6 vs 1,8). En revanche, le rendement diagnostique de la médiastinoscopie était significativement supérieur à celui de l’EBUS-TBNA (96% vs 76%, p=0,04). Par ailleurs, la durée d’hospitalisation était significativement plus courte après EBUS-TBNA (2,3 vs 4,5 jours, p=0,001). Aucune complication n’a été rapportée pour l’une ou l’autre des procédures
Conclusion
L’EBUS-TBNA constitue une alternative peu invasive et sûre à la médiastinoscopie, mais son rendement diagnostique reste inférieur (76% vs 96%). L’amélioration de sa précision est essentielle pour réduire le recours aux procédures invasives.