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Introduction
La fibroscopie bronchique fait partie de la pratique courante des pneumologues et constitue un examen de première intention dans l’évaluation des patients présentant une suspicion de cancer broncho-pulmonaire primitif. Bien qu’elle ne permette pas toujours d’obtenir une confirmation histologique, elle demeure une étape essentielle du parcours diagnostique, offrant une exploration directe et ciblée des voies respiratoires. L’objectif de cette étude est d’évaluer le rendement diagnostique de la fibroscopie bronchique chez des patients atteints de cancer broncho-pulmonaire.
Méthodes
Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur l’analyse de 50 dossiers de patients avec un diagnostic confirmé de cancer broncho-pulmonaire primitif et ayant bénéficié d’une fibroscopie bronchique entre le 1er mai 2024 et le 30 avril 2025, au service de pneumo-phtisiologie du CHU de Béjaïa.
Résultats
L’âge moyen des patients était de 64,4 ans (extrêmes : 43-84 ans). Majoritairement des hommes avec 82%. L’intoxication tabagique a été présente dans 78% des cas, et une exposition professionnelle dans 26%. La maladie s’est révélée par des symptômes respiratoires dans 70% des cas, dominés par la toux (48%), la dyspnée (42%), suivies de douleursthoraciques et d’hémoptysie (24% chacun). Une prédominance de l’atteinte du poumon droit a été constatée chez 66% des patients. À l’endoscopie, un bourgeon avec sténose prédominent dans 43,5% des cas. Les lésions étaient localisées dans l’arbre bronchique chez tous les patients, avec une atteinte de la carène dans 4% des cas. La biopsie bronchique s’est révélée la technique la plus contributive dans le diagnostic avec 62%. Tandis que l’examen cytologique a mis en évidence des cellules malignes dans 40% des prélèvements. L’adénocarcinome était le type histologique le plus fréquent (52%), suivi du carcinome épidermoïde (36%) et du carcinome à petites cellules (12%). Le recours à d’autresexamens complémentaires a été nécessaire chez 38% des patients, dont 30% ont eu une biopsie transpariétale. Une seconde fibroscopie a été requise dans 6,5% des cas. L’examen a été globalement bien toléré, sans complications majeures rapportées.
Conclusion
La fibroscopie bronchique demeure un outil fondamental dans le diagnostic du cancer broncho-pulmonaire, grâce à sa maniabilité, sa sécurité et son efficacité. Toutefois, sa performance diagnostique peut varier en fonction de plusieurs facteurs anatomiques, cliniques et techniques. Une prise en compte rigoureuse de ces éléments peut contribuer à optimiser son rendement et à réduire les délais de diagnostic.