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Introduction
Les retards inter-cycles de chimiothérapie sont fréquents dans le cancer bronchique primitif (CBP), principalement en raison des toxicités liées aux traitements. Leur impact sur la qualité de la prise en charge et le pronostic reste peu étudié.
Objectif : Identifier les facteurs prédictifs des retards de cures de chimiothérapie chez les patients atteints de CBP non opérable et évaluer leurs conséquences sur la prise en charge.
Méthodes
Étude rétrospective sur 6 mois (de janvier à Juin 2025) incluant 97 patients atteints de CBP non opérable. Un retard de cure a été défini comme tout report≥7 jours. Les facteurs prédictifs ont été analysés par régression logistique multivariée.
Résultats
l’âge moyen était de 63±8 ans avec une nette prédominance masculine (95%). La majorité des patients étaient au stade métastatique (n=67, 69,8%) et ont reçu des protocoles à base de sels de platine (n=88, 91%). Sur les 418 cures administrées, 87 cures (20,8%) ont été retardées, avec un délai moyen de 10 jours. Les retards étaient principalement dus à la neutropénie (n=31) dont deux neutropénies fébriles ayant bien évolué sous traitement antibiotique. La neutropénie a été identifiée essentiellement avec les protocoles à base de platines. Les complications infectieuses ont été notées dans 28% des cas(n=27). Les principales conséquences comprenaient la réduction des doses de chimiothérapie (N=27) et la prescription de granulocytes (N=16). En analyse multivariée, un performance status altéré≥2 était le seul facteur prédictif indépendant de retard de cures (OR=3,13 ; IC 95% : 1,05–9,29 ; p=0,04).
Conclusion
Les retards de chimiothérapie dans le CBP non opérable sont fréquents et majoritairement liés à la toxicité hématologique. L’évaluation du performance status avant traitement permettrait d’anticiper ces retards et d’optimiser la prise en charge des patients.