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Introduction
Le tézépélumab, premier anticorps monoclonal ciblant la TSLP, a récemment été approuvé dans l’asthme sévère (AS) non contrôlé. Il a démontré son efficacité dans l’essai NAVIGATOR [1], y compris chez les patients présentant une rhinosinusite chronique avec polypes nasaux [2]. Les données en vie réelle restent toutefois limitées pour ces patients. L’étude ROSE vise à décrire cette population et à évaluer les résultats cliniques après l’initiation du tézépélumab, en distinguant avec (RSCaPN) ou sans polypes nasaux (RSCsPN).
Méthodes
Il s’agit d’une étude nationale française, multicentrique, observationnelle et rétrospective, réalisée en vie réelle chez des patients ayant initié tézépélumab pour un AS associé à une RSCaPN ou à une RSCsPN, confirmée par endoscopie ou imagerie. Les patients ont été recrutés depuis août 2022, soit la date de mise à disposition du traitement en France, en incluant la période d’accès compassionnel. Les données ont été recueillies rétrospectivement à M0 (début de traitement, incluant M-12), M6 et M12, à partir des dossiers médicaux en pratique courante. Cette première analyse intermédiaire présente les résultats jusqu’à M6.
Résultats
Au total, 42 patients ont été analysés, 21 dans chaque groupe. L’âge médian était de 52,2 ans (IQR : 43,9-61,6), 64,3% étaient des femmes et le BMI médian était de 26,4 Kg/m2 (IQR : 22,9-30,1). Les comorbidités étaient fréquentes (85,7%), notamment l’anxiété (45,7%), la dépression (44,4%), le reflux gastro-œsophagien (38,9%) et les apnées du sommeil (30,6%). L’asthme durait depuis 18,5 ans en médiane, avec 80,5% de patients ayant présenté≥1 exacerbation l’année précédant M0 et un score ACT médian de 13. Parmi les patients évalués, 54% avaient une éosinophilie>150 cellules/mm³, 79,3% une FeNO>25 ppb, 50% un VEMS pré-bronchodilatateur< 80%, et 54,8% un ratio VEMS/CVF< 70%. Le délai médian depuis le diagnostic de RSC était de 8 ans ; les symptômes les plus fréquents étaient la rhinorrhée (87,5%) et l’anosmie (70,8%). Le score SNOT-22 médian était de 56 (IQR : 38–86) (RSCaPN : 64 ; RSCsPN : 52). Dans le groupe RSCaPN, 83,3% avaient eu≥1 chirurgie sinusienne. La majorité des patients avait reçu plusieurs biothérapies (65,8%) depuis 3,5 ans en médiane et seuls 9,8% étaient bionaïfs ; 74,4% avaient reçu une corticothérapie systémique dans l’année précédente, dont 31% (n=9) au long cours. À M6 (n=35), le score ACT médian a évolué de 13 à 17, la proportion de patients insuffisamment contrôlés (ACT≤15) de 69,2% à 40,2%. La proportion de patients sans exacerbation était de 60,6%. Le score SNOT-22 a diminué de 21 points pour le groupe RSCaPN ; plus de 50% des patients avaient une baisse≥la différence minimale cliniquement pertinente de 8,9 points.
Conclusion
Les premiers patients, inclus rétrospectivement en vie réelle dans l’étude ROSE, étaient rarement bionaïfs, présentaient des symptômes marqués de RSC associés à une qualité de vie dégradée. Ces données intermédiaires, après 6 mois de traitement par tézépélumab, suggèrent une amélioration du contrôle de l’AS et une réduction des symptômes naso-sinusiens chez les patients RSCaPN, résultats qui devront être confirmés par les analyses à venir.
Références
[1] N Engl J Med. 2021 ; 384(19): 1800-1809
[2] Asthma Allergy. 2023 ; 16 : 915-932