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Introduction
La cohorte RAMSES vise à décrire à partir de données de vraie vie les conditions de prescriptions et d’utilisation des biothérapies dont fait partie benralizumab, un anticorps monoclonal, dirigé contre la sous-unité α du récepteur de l’interleukine-5 (IL-5RA), indiqué dans l’asthme sévère à éosinophiles, commercialisé en France depuis janvier 2019.
Méthodes
RAMSES est une cohorte française observationnelle et multicentrique ayant inclus 2041 patients atteints d’asthme sévère, selon la définition ATS-ERS 2014, entre septembre 2019 et septembre 2022. Parmi eux, 291 ont initié benralizumab avant le 9 juin 2023. L’objectif de cette analyse est de mettre à jour les données d’utilisation et de suivi en vie réelle de benralizumab.
Résultats
Parmi les patients initiant benralizumab, 169 patients (58,1%) étaient des femmes. 103 patients ont arrêté leur traitement au cours du suivi dont 77 pour cause « d’échec » selon l’investigateur. Le taux de maintien du benralizumab dans la cohorte est de 79,1% [74,5% ; 84,1%] à 12m avec une durée médiane d’exposition de 48 (IQR : [11 ; 39]) mois. Sur les 210 patients toujours suivis et sous traitement à 12 mois (T12), on observe une augmentation du score ACT moyen de 13,9 ±5,2 à T0 à 18,7±4,7 à T12 et de la proportion de patients ayant un asthme bien contrôlé de 16,8% (T0) à 50% (T12). Parmi les patients ayant un score ACT disponible à T0 et T12 (n=66), 80% des patients ont augmenté leur score ACT dont 48,5% d’au moins 5 points. Le nombre moyen d’exacerbations observées dans les 12 derniers mois a diminué de 3,2 (T0) à 0,7 (T12), avec 67,6% des patients n’ayant eu aucune exacerbation au cours des 12 derniers mois à T12, vs 24,3% à T0. La proportion de patients ayant eu une hospitalisation ou une visite aux urgences pour asthme a diminué de 18,6% à T0 à 3,8% à T12 et de 28,6% à T0 à 7,1% à T12 respectivement. On observe une amélioration de la fonction respiratoire, avec un VEMS moyen qui passe de 2078,7 (±852,7) mL à 2302,1 (±900,0) mL et une augmentation du VEMS d’au moins 10% chez 45,9% des patients (n=34/74) et d’au moins 20% chez 29,7% des patients (n=22/74). Le score SNOT-22 a diminué de plus de 9 points entre T0 et T12 chez 51,2% des patients (n=42/82) présentant une rhinosinusite chronique à T0 et chez 49,2% des patients (n=31/63) présentant une polypose nasosinusienne à T0. Aucun nouveau signal de tolérance n’a été observé par rapport au profil connu de benralizumab.
Conclusion
Cette mise à jour des données de RAMSES confirme l’efficacité à 12 mois de benralizumab en vie réelle sur le contrôle de l’asthme, la survenue d’exacerbations et la fonction respiratoire chez des patients asthmatiques sévères, sans mettre en évidence de problème de tolérance. Benralizumab est également associé à une réduction du score SNOT-22.