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Introduction
L’asthme sévère (AS) et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) coexistent fréquemment, générant des profils cliniques complexes et des besoins thérapeutiques particuliers. Le benralizumab est disponible en France depuis 2019 pour le traitement des patients adultes atteints d’AS éosinophilique ; son effet chez les patients avec une BPCO associée reste à décrire.
Méthodes
Cette étude sur les données du Système National des Données de Santé (SNDS) a inclus des patients adultes ayant au moins une délivrance de benralizumab entre le 01/01/2019 et le 31/12/2023. La période d’exposition allait de l’initiation (première délivrance en officine) jusqu’à la fin de la période de couverture (arrêt du traitement, passage à une autre biothérapie ou fin du suivi). L’analyse portait sur les patients exposés au benralizumab au moins 12 mois pour leur AS et ayant une BPCO associée, identifiée par au moins une hospitalisation avec un diagnostic principal ou associé de BPCO dans les 5 ans avant l’initiation de benralizumab. Des comparaisons 12 mois avant et après l’initiation du benralizumab ont été réalisées à l’aide de modèles mixtes généralisés pour les exacerbations sévères de l’asthme (ESA) et de tests de Wilcoxon pour la consommation de soins (CS) et les doses de corticostéroïdes inhalés (CSI) et oraux (CSO).
Résultats
Sur les 9 922 patients inclus, 859 (8,7%) avaient au moins 12 mois d’exposition au benralizumab et une BPCO associée (hommes : 52,6% ; âge : 66,5±11,6). Chez ces patients, la persistance au benralizumab était estimée à 31,4±13,6 mois. La comparaison des 12 mois avant et après l’initiation du benralizumab montrait que la moyenne d’ESA est passée de 6,3±3,8 à 5,3±4,4 (p< 0,0001) avec une proportion de patients sans ESA de 3,3% avant vs. 11,3% après l’initiation. Une réduction de la CS post-initiation a également été mise en évidence pour les hospitalisations pour asthme (différence moyenne [IC 95%] : -0,5 [-0,6 ; -0,4] séjours), les visites aux urgences (-0,2 [-0,3 ; -0,1] visites), les traitements de l’asthme (-3,6 [-6,5 ; -0,7] boites), les procédures médicales (-4,4 [-4,8 ; -3,9] procédures) et les actes biologiques (-0,9 [-1,2 ; -0,7] actes), toutes p< 0,0001. Par ailleurs, une diminution significative de la dose annuelle cumulée de CSI (-17,3 mg [-33,5 ; -1,1], p=0,0010) et de CSO (-1 057,4 mg [-1 237,4 ; -877,3], p< 0,0001) a été observée.
Conclusion
Chez les patients traités pour leur AS par benralizumab pendant au moins 12 mois et ayant une BPCO associée, on observe une réduction significative des ESA, de la CS dont les hospitalisations pour AS, ainsi qu’une diminution des CSO et CSI. Ces résultats soulignent l’intérêt du benralizumab dans l’optimisation de la prise en charge thérapeutique de cette population complexe.