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Introduction
Introduction
L’asthme est une maladie respiratoire chronique dont la prise en charge repose sur une bonne observance thérapeutique et la compréhension par le patient de sa maladie. Les interventions éducatives constituent un outil majeur pour améliorer la connaissance de la pathologie, la maîtrise des techniques d’inhalation et la capacité des patients à gérer les exacerbations. Le but de l’étude était d’évaluer l’impact d’un programme d’éducation thérapeutique sur le contrôle de l’asthme, l’observance, la qualité de vie et la fréquence des exacerbations chez les patients asthmatiques.
Méthodes
Nous avons mené une étude prospective sur trois mois auprès des patients asthmatiques suivis à la consultation d’allergologie de pneumologie du CHU de Marrakech. Les patients ont participé à un programme structuré comprenant des journées dédiées à l’asthme, des présentations théoriques, des vidéos éducatives, des sessions de vérification du bon usage des dispositifs inhalateurs et des témoignages de patients. L’évaluation à trois mois a été réalisée à l’aide du questionnaire de Morisky-Green-Levine pour mesurer l’adhérence au traitement, du score Asthma Control Test (ACT) pour évaluer le contrôle de l’asthme et du questionnaire Euroqol 5 dimensions (EQ-5D) pour apprécier la qualité de vie.
Résultats
82 patients asthmatiques ont participé, L’âge moyen des patients est de 42 ans (18-54). Nous avons noté une prédominance féminine dans 61%. Le délai de suivi moyen est de 46 mois. À l’inclusion, 38% des patients étaient non contrôlés et 48% présentaient une faible observance, parmi lesquels 87% avaient un asthme non contrôlé. Après trois mois d’intervention éducative, l’observance thérapeutique a significativement augmenté, passant de 46% à 91%, tandis que le contrôle de l’asthme s’est amélioré de 38% à 83%. Le nombre moyen d’exacerbations annuelles a diminué de 3,2 à 1,15 et le recours aux services d’urgence a été réduit. La qualité de vie mesurée par l’EQ-5D a montré que 92% des patients n’avaient pas de problème de mobilité, 88% pas de problème d’autonomie, 20% présentaient des problèmes modérés dans les activités courantes, 18% rapportaient des douleurs ou gênes modérées et 89% n’avaient pas d’anxiété ni de dépression. La mauvaise observance était significativement corrélée à un faible niveau socioéconomique.
Conclusion
L’éducation thérapeutique a significativement amélioré le contrôle de l’asthme, renforcé l’adhérence au traitement et la compréhension de la maladie, tout en réduisant le nombre d’exacerbations et le recours aux soins d’urgence. Ces interventions contribuent également à une amélioration globale de la qualité de vie des patients. L’intégration systématique de l’éducation thérapeutique dans la prise en charge des patients asthmatiques constitue une stratégie clé pour optimiser la gestion de la maladie.