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Introduction
Malgré les progrès thérapeutiques des 30 dernières années, une méconnaissance de la maladie, une observance limitée et des erreurs d’inhalation demeurent toujours des freins importants à l’adhésion thérapeutique. Leur évaluation conjointe demeure encore peu pratiquée. Cette étude vise à évaluer les connaissances, l’adhésion au traitement et la technique d’inhalation de patients atteints d’asthme persistant dans le cadre d’un entretien pharmaceutique dédié.
Méthodes
Il s’agit d’une étude observationnelle descriptive et monocentrique, menée de mars à juillet 2025. Les patients inclus étaient majeurs et atteints d’asthme persistant. Un entretien pharmaceutique d’environ 30 minutes était réalisé en amont de la consultation pneumologique. Les connaissances ont été explorées via un questionnaire inspiré de grilles d’AMELI guidant les entretiens pharmaceutiques, l’adhésion via le questionnaire GIRERD, et la technique d’inhalation à l’aide des grilles CESPHARM.
Résultats
Trente-huit patients ont été inclus (âge médian 43 ans [35–56], 71% de femmes). Plus de la moitié présentaient un asthme persistant sévère (52,6%).
Contrôle de la maladie : 44,7% des patients avaient leur asthme non-contrôlé sous traitement.
Connaissances : L’ensemble des patients distinguait traitement de fond et de secours, mais seuls 76,3% savaient nommer l’ensemble de leurs médicaments. La compréhension du fonctionnement des traitements était complètement acquise chez 31,6% des patients.
Adhésion : Le score GIRERD médian était de 4,0 [4,0–5,0] sur 6,0, soit une faible observance. Les principales difficultés concernaient les retards de prise (52,6%), les oublis liés à la mémoire (44,7%) et la perception d’une charge thérapeutique excessive (36,8%).
Technique d’inhalation : 66 gestes ont été observés et 36 comportaient au moins une erreur, dont 11 au moins une erreur critique. Les dispositifs à coordination main-inspiration étaient les plus concernés (64,5% d’erreurs, dont 35% critiques). Les dispositifs à déclenchement inspiratoire étaient mieux maîtrisés (69,6% sans erreur), tandis que l’usage d’une chambre d’inhalation s’accompagnait d’erreurs fréquentes mais non critiques.
Conclusion
Cette étude met en évidence des lacunes dans la maîtrise du traitement inhalé, l’adhésion et les connaissances des patients atteints d’asthme persistant, avec près d’un patient sur deux présentant un asthme insuffisamment contrôlé. Ces difficultés sont d’autant plus préoccupantes lorsqu’elles concernent des patients atteints d’asthme sévère. L’intégration d’entretiens pharmaceutiques systématiques, centrés sur la vérification de la technique et le renforcement éducatif, constitue une piste pour améliorer la prise en charge et limiter le risque d’exacerbations.