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Introduction
La microangiopathie thrombotique (MAT) est une pathologie bien connue au décours d'une transplantation d’organe solide, dont la première complication est l’insuffisance rénale [1]. Les anticalcineurines (CNI) sont souvent incriminés[2], traitement essentiel pour prévenir la survenue de rejet. L’objectif de cette étude est de décrire le pronostic des patients développant une MAT après une transplantation pulmonaire.
Méthodes
Cette étude rétrospective et observationnelle incluait les patients suivis dans 8 hôpitaux français ayant présenté une MAT après greffe pulmonaire ou cardiopulmonaire, et survenant entre 2006 et 2023. Les analyses univariées et multivariées étaient réalisées pour définir les facteurs pronostiques de cette pathologie.
Résultats
Sur 4565 patients, 82 (1,8%) ont développé une MAT. La médiane de survenue était de 19 [6−34] après la greffe. Parmi eux, 79 furent inclus, dont 51% étaient des femmes ; leur âge médian était de 50 [33−61] ans. La médiane de suivi était de 31 [11−66] mois, 38/79 (48%) patients étaient alors décédés. Les facteurs déclenchant étaient par ordre de fréquence : un surdosage en inhibiteur de calcineurine(CNI) (48%), une association CNI et inhibiteur de mTOR (23%), ou une infection (9%). Les objectifs de CNI étaient diminués pour 26 (33%) d'entre eux, un changement de CNI était effecuté pour 32 (40%) patients. les CNI étaient poursuivis pour 70 patients et remplacés par du belatacept pour 9 d’entre eux. En analyse multivariée, les patients transplantés pour fibrose pulmonaire présentaient un surrisque de mortalité après la survenue d'une MAT(HR=6,92 ; IC 95[1,50 – 31,90]; p=0,01). Dans le groupe belatacept, la fonction rénale était meilleure, mais on observait plus de décès, de pneumonie bactérienne, de virémie à CMV, sans différence significative entre les deux groupes, probablement dû au faible effectif.
Conclusion
La mortalité était élevée après la survenue d’une MAT dans les suites d’une transplantation pulmonaire ou cardiopulmonaire. Une surveillance étroite du taux sanguin des CNI est requis pour limiter sa survenue. un remplissement du CNI par le bellatacept améliorait la fonction rénale, mais semble augmenter en contre parti le risque d’infection. une étude prospective avec un monitorage des dosages d’immunosuppresseurs concomitant est nécessaire pour évaluer la balance bénéfice/risque de ce traitement.
Références
[1] Transplant Cell Ther 2023 ; 29(3):151-63
[2] Transplant Proc 2003 ; 35(2):627-8.