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Introduction
Le syndrome de condensation alvéolaire est une entité radiologique qui regroupe les opacités pulmonaires déterminées par le remplacement de l'air alvéolaire par un produit pathologique de nature liquidienne, cellulaire ou par une substance anormale.
Méthodes
Nous avons mené une étude rétrospective étalée du janvier 2012 á décembre 2024, comportant 81 patients suivis pour bilan étiologique du foyer de condensation alvéolaire non amélioré sous antibiothérapie, soit 12% de l’ensemble des foyers de condensations suivis au service. L’évolution est marquée chez cette catégorie par la persistance voire l’aggravation des images radiologiques, la négativité du bilan bactériologique et la dégradation clinique de ces patients, chez lesquels nous avons poussé le bilan étiologique dont l’origine maligne est la plus probable.
Résultats
La moyenne d’âge est de 58 ans avec une prédominance masculine (80%). Le tabagisme actif est retrouvé dans 68% des cas, l’antécédent de tuberculose pulmonaire dans 22% des cas et de carcinome canalaire infiltrant du sein dans 9% des cas. La durée moyenne de la symptomatologie est de 2 mois. Le tableau clinique est dominé par la dyspnée dans 90% des cas, l’altération de l’état général dans 82% des cas et la douleur thoracique dans 57% des cas. L’imagerie thoracique a objectivé un foyer de condensation alvéolaire bilatéral dans 58% des cas. La bronchoscopie souple a montré un bourgeon tumoral chez 16% des patients, une sténose infiltrative dans 13,5% des cas. Par ailleurs, l’aspect était sensiblement normal dans 70,5% des cas. La confirmation histologique est apportée par la PBTP dans 53% des cas, les biopsies bronchiques dans 30% des cas et la biopsie chirurgicale dans 11% des cas. La ponction biopsie pleurale a permis le diagnostic positif chez 6% des patients. Le type histologique est dominé par l’adénocarcinome pulmonaire dans 34% des cas et le lymphome pulmonaire primitif dans 27%, le carcinome neuroendocrine dans 15% des cas, le carcinome épidermoïde et les métastases pulmonaires du carcinome mammaire dans 10% des cas chacun. Le myélome multiple est noté chez un seul patient. Le traitement était palliatif dans la majorité des cas.
Conclusion
Les foyers de condensation d’origine maligne constituent un signal d’alerte en imagerie médicale. Leur reconnaissance rapide, leur caractérisation précise et la corrélation avec le contexte clinique sont indispensables pour orienter le diagnostic et débuter une prise en charge précoce et adaptée.