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Résumés CPLF 2026 

Étude rétrospective comparant un traitement par aérosols d’acide tranexamique ou injections de terlipressine chez les patients hospitalisés pour une hémoptysie en secteur conventionnel

Résumé PO18-470
Corteel J.*1 ; Gauvain C.1 ; Wallyn F.2 ; Baldacci S.1 ; Scherpereel A.1 ; Nunes D.1
1Service de Pneumo-oncologie Thoracique, Institut Cœur Poumon, CHU de Lille, France ; 2Service d'endoscopie Respiratoire, Institut Cœur Poumon, CHU de Lille, France

Auteur correspondant : Corteel J. 


Introduction

L’hémoptysie de faible à moyenne abondance est un motif fréquent d’hospitalisation en pneumologie conventionnelle. Plusieurs approches thérapeutiques sont disponibles et le traitement de première intention de l’hémoptysie ne fait pas l’objet d’un consensus entre les cliniciens. Les traitements médicamenteux que sont les aérosols d’acide tranexamique (AT) et les injections intraveineuses de terlipressine sont utilisés, mais il existe peu de données comparatives disponibles.

Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective et monocentrique. Les patients hospitalisés en service de pneumologie conventionnelle au CHRU de Lille entre le 1er janvier 2012 et le 31 décembre 2024, ayant présenté une hémoptysie de faible ou moyenne abondance traitée par aérosols d’acide tranexamique ou injections de terlipressine, étaient inclus dans l’analyse. Le critère de jugement principal était l’échec de traitement, considéré comme la persistance de l’hémoptysie au 5ème jour après l’initiation du traitement, le décès, et/ou la nécessité d’avoir eu recours à un traitement complémentaire avant cette date. Les critères de jugement secondaires étaient le délai d’arrêt de l’hémoptysie, la durée moyenne d’hospitalisation, la nécessité de recours à un autre traitement, le transfert en soins intensifs ou réanimation, la récidive d’hémoptysie.

Résultats

Au total, 122 patients ont été inclus dans l’analyse, 58 dans le groupe AT et 64 dans le groupe terlipressine. Les causes d’hémoptysie les plus fréquentes étaient tumorales (38%), infectieuses (22%), idiopathiques (12%) et sur dilatations de bronche (10%). L’échec du traitement était retrouvé chez 20 patients traités par acide tranexamique et 30 patients traités par terlipressine, Il n’y avait pas de différence significative entre les deux groupes sur le critère de jugement principal, OR 1,09 (0,87-1,37 p=0,44). Les analyses en sous-groupe de population selon l’abondance de l’hémoptysie, l’étiologie du saignement ou la pathologie respiratoire sous-jacente n’ont pas retrouvé de différence significative. Il y avait plus de transfert en soins intensifs ou réanimation dans le groupe traité par terlipressine. Il n’y avait pas de différence significative sur les autres critères de jugement secondaires. Un seul patient a présenté un effet indésirable dans le groupe acide tranexamique à type de toux (grade I), contre 30% dans le groupe terlipressine à type d’hyponatrémie (17%), bradycardie (6%) ou syndrome coronarien (2%).

Conclusion

Nous n’avons pas montré de différence d’efficacité entre les aérosols d’acide tranexamique et les injections de terlipressine chez les patients hospitalisés pour hémoptysie de faible à moyenne abondance. La terlipressine est un traitement à utiliser avec prudence compte-tenu de ses effets indésirables plus fréquents et potentiellement graves.


Corteel J. * ; Gauvain C. * ; Wallyn F. * ; Baldacci S. * ; Scherpereel A. * ; Nunes D. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK