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Introduction
L’association chimio-immunothérapie (CT-IT) est actuellement le traitement de première ligne de référence pour les patients atteints de cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) métastatique sans mutation oncogénique ciblable. Toutefois, son efficacité en présence de métastases cérébrales, notamment symptomatiques, demeure peu documentée.
Méthodes
Cette étude rétrospective multicentrique a inclus des patients atteints d'un CBNPC avancé avec métastases cérébrales qui ont reçu une CT-IT en traitement de première intention entre janvier 2020 et décembre 2022. Le critère d'évaluation principal était le taux de contrôle cérébral 12 semaines après le début du traitement. La survie sans progression (SSP), la survie globale (SG) et la tolérance neurologique ont également été évaluées.
Résultats
Sur les 338 patients inclus dans 11 hôpitaux en France, la majorité était des hommes (n=196, 58%), avec un âge médian de 60 ans [IQ, 54-66] et un indice de performance à 0 ou 1 chez 267 (85,6%). La plupart des patients (n=291, 86%) présentaient un adénocarcinome, et le PD-L1 était exprimé dans moins de 1% des cellules cancéreuses chez 130 patients (38,6%). Lors de la prise en charge initiale, 174 patients (51,5%) avaient reçu des stéroïdes, tous sauf un à une dose≥20 mg par jour. Une radiothérapie cérébrale avant le traitement a été réalisée chez 66 patients (19,8%). Parmi les 240 patients évaluables, le taux de contrôle cérébral à 12 semaines était de 74,2%. La médiane de SG était de 22,1 mois (IC 95% : 16,5-29,3) et la médiane de SSP était de 5,4 mois (IC 95% : 4,1-8,1). Les variables indépendamment associées à une progression cérébrale à 12 semaines étaient un indice de performance>1 (vs indice de performance=0 (OR 12,15 (IC 95%, 3,93-37,54)), les métastases extracérébrales (OR 3,52 (IC à 95%, 1,55-7,99)). À contrario, une expression élevée de PD-L1 (≥50%) (vs PD-L1=0, OR 0,41 (IC à 95%, 0,19-0,89)), et une radiothérapie cérébrale avant le traitement (OR 0,25 (IC à 95%, 0,10-0,68)) étaient associées à un meilleur contrôle de la pathologie cérébrale. Aucun nouveau signe de toxicité n'a été observé.
Conclusion
Chez des patients avec un CBNPC et des métastases cérébrales, l’association chimio-immunothérapie a montré une efficacité et une tolérance satisfaisantes. Une forte expression de PD-L1 et une irradiation cérébrale précoce ont été identifiées comme facteurs de bon pronostic. Une analyse dédiée du rôle de la radiothérapie est en cours.