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Introduction
Le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAOS) est reconnu comme un facteur de risque cardiovasculaire majeur. Son impact sur la fonction ventriculaire droite, notamment dans les formes sévères, demeure cependant peu étudié. Cette étude vise à analyser la relation entre la sévérité du SAOS, évaluée par l’indice d’apnées-hypopnées (IAH), et son influence sur la fonction ventriculaire droite. Nous avons également évalué l’effet du traitement par pression positive continue (CPAP) sur ces anomalies.
Méthodes
Cette étude a inclus 100 patients atteints de SAOS sévère, suivis dans le service de cardiologie de l'hôpital de Menzel Bourguiba. Les patients ont été répartis en trois groupes selon l’IAH : IAH entre 30 et 40 (SAOS sévère léger), IAH entre 40 et 60 (SAOS sévère modéré),IAH>60 (SAOS sévère très sévère) Tous les patients ont bénéficié d’une évaluation de la fonction ventriculaire droite par échocardiographie transthoracique (ETT), incluant une analyse morphologique, systolique et diastolique.
Résultats
Dans la population étudiée, 28% des patients présentaient un SAOS sévère léger, 62% un SAOS sévère modéré et 10% un SAOS très sévère. L’IAH moyen était de 47,15±10,76 (min : 30, max : 84,6). Aucune corrélation n’a été retrouvée entre la sévérité du SAOS et l’altération de la morphologie ou de la fonction diastolique isolée du ventricule droit. Une dysfonction systolique du ventricule droit a été observée chez 25% des patients, avec une distribution selon la sévérité du SAOS : 17% dans le groupe léger, 22% dans le groupe modéré, et 60% dans le groupe très sévère. Ainsi, plus le SAOS est sévère, plus le risque de développer une altération systolique du ventricule droit est élevé (p=0,024). Concernant la fonction globale (systolique et diastolique) du ventricule droit, une altération a été retrouvée chez 52% des patients : 42% dans le groupe léger, 48% dans le groupe modéré, et 90% dans le groupe très sévère (p=0,03), montrant une corrélation significative entre la dysfonction globale du ventricule droit et la sévérité du SAOS. Dans le sous-groupe des patients traités par CPAP, aucune corrélation significative n’a été retrouvée entre la sévérité du SAOS et la dysfonction ventriculaire droite systolique ou globale (p=0,17 et p=0,2 respectivement), suggérant un effet protecteur du traitement.
Conclusion
La sévérité du SAOS est corrélée à la présence d’une dysfonction ventriculaire droite, en particulier dans les formes très sévères. Le traitement par CPAP semble atténuer cet impact, soulignant l’importance du dépistage précoce et de la prise en charge adéquate du SAOS pour prévenir les complications cardiaques associées.