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Introduction
Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) est une pathologie fréquente, souvent associée à des comorbidités métaboliques qui peuvent influencer son évolution et sa sévérité.
Méthodes
Il s’agit d’une étude rétrospective comparative menée sur une cohorte de 119 patients atteints de SAOS, suivis à la consultation externe du sommeil du service de pneumologie de l’Hôpital Militaire de Tunis. Les données recueillies comprenaient l’indice d’apnées-hypopnées (IAH), le tour de taille, la glycémie à jeun, la pression artérielle, le taux de HDL et les triglycérides à jeun. La population a été répartie en deux groupes : groupe 1 (G1) : patients apnéiques présentant un syndrome métabolique (n=61, 45%) et groupe 2 (G2) : patients apnéiques sans comorbidités métaboliques.
L'objectif de cette étude est d'évaluer la corrélation entre le syndrome métabolique et la sévérité du SAOS.
Résultats
Les patients du G1 étaient significativement plus âgés (60±12 vs 51±14 ans, p=0,008), avec une prédominance féminine (71% vs 46,6%, p=0,019), et un IMC moyen plus élevé (40±6 vs 36±6, p=0,007). L’intoxication tabagique était comparable entre les groupes (p=0,33). Les comorbidités étaient plus fréquentes dans le G1, avec des différences significatives pour le diabète (p < 0,001), l’hypertension artérielle (p < 0,001), la dyslipidémie (p < 0,001), le reflux gastro-œsophagien (p=0,012) et la fibrillation auriculaire (p=0,024). Le SAOS était plus sévère dans le G1 (p=0,033). En termes de retentissement, le G1 présentait davantage de troubles de l’attention (p=0,001), de fatigue diurne (p < 0,001) et de sécheresse buccale matinale (p=0,005). Sur le plan polygraphique, le G1 comptait plus d’apnées centrales (p=0,001) et mixtes (p=0,021), avec un pouls moyen plus bas (p=0,038). Aucune différence significative n’a été observée entre les deux groupes concernant l’index de désaturation, la SpO₂ moyenne et minimale, et le temps passé avec une SpO₂ < 90%. Le recours à la pression positive continue (PPC) était plus fréquent dans le G1 (p=0,023), avec un IAH résiduel plus élevé (p=0,038) et une observance thérapeutique comparable.
Conclusion
Le syndrome métabolique aggrave la sévérité du SAOS et son retentissement clinique. Son dépistage et sa prise en charge chez les patients apnéiques sont essentiels pour améliorer leur pronostic.