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Introduction
L’hydatidose est une infection parasitaire présentant une sérieux problème de santé publique surtout dans les pays endémiques dont fait partie le Maroc. Elle est plus fréquente dans les zones d’élevage et dans le milieu rural. La localisation hépatique puis pulmonaire sont les plus fréquentes. Les kystes hydatiques sont souvent uniques, toutefois les formes bilatérales et diffuses sont possibles. L’échinococcose multiviscérale est une forme rare qui représente 10% seulement des hydatidoses
Méthodes
Nous avons mené une étude rétrospective sur la période s’étendant de janvier 2011 à Juillet 2025. Nous avons recensé 169 cas d’hydatidose dont 58 cas d’hydatidose multiple, soit 34% des cas
Résultats
La moyenne d’âge était de 36 ans, avec une légère prédominance masculine de 60%. Nos patients étaient issus dans 48% du milieu rural. Un contage hydatique a été retrouvé dans 42 cas. La symptomatologie clinique est représentée essentiellement par la douleur thoracique dans 81% des cas, un syndrome bronchique dans 67%, l’hémoptysies a été retrouvé dans 43% des cas, l’hydatidoptysie a été décrite par 18 patients dont 1 cas de vomique hydatique pendant la consultation. L’examen pleuropulmonaire était sensiblement normal dans 23 cas, un syndrome d’épanchement liquidien a été retrouvé dans 14 cas, des râles ronflants ont été audibles dans 20 cas. La radiographie thoracique a objectivé une ou plusieurs opacités arrondies dans 24% des cas, ces opacités décrivent dans certains cas un aspect de lâcher de ballons, et une opacité de type pleurale dans 53% des cas. La TDM thoracique a permis de confirmer la nature kystique des opacités thoraciques et a mis en évidence d’autre localisations ; hépatique dans 57% des cas, pleurale dans 22% des cas, médiastinale dans 24% des cas, splénique dans 5% des cas. Par ailleurs elle a mis en évidence deux cas d’hydatidose pariétale, un cas d’hydatidose diaphragmatique, un cas d’hydatidose péritonéale, un cas d’hydatidose rétro-péritonéale, deux cas d’hydatidose cardiaque, deux cas d’hydatidose vertébrale, et un cas d’hydatidose médullaire. La bronchoscopie souple a permis la mise en évidence de membranes hydatique chez 1 cas seulement de notre série. La sérologie hydatique a permis d’orienter le diagnostic dans 46 cas. Le traitement chirurgical était le traitement de choix dans 74% des cas. Le traitement médical à base d’Albendazole a été adopté dans la prise en charge thérapeutique de 24% des cas, avec une bonne évolution clinique.
Conclusion
L’hydatidose multiviscérale est une forme rare d’infection hydatique, cependant elle représente un tournant pronostique dans l’histoire de la maladie d’où l’intérêt de la prévention primaire et de la prise en charge diagnostique et thérapeutique rapide et adéquate.