·
Introduction
L’inflammation de type 2 est un facteur clé de la physiopathologie de la polypose nasosinusienne et de l’asthme. Les patients atteints de polypose nasosinusienne et présentant un asthme concomitant ont généralement une maladie plus sévère et un fardeau global plus important. Le dupilumab et l’omalizumab sont approuvés en Europe, pour le traitement de la polypose nasosinusienne sévère insuffisamment contrôlée et de l’asthme sévère non contrôlé. Le dupilumab, un anticorps monoclonal entièrement humain, bloque la sous-unité réceptrice commune aux interleukines (IL)-4 et IL-13, des médiateurs centraux et essentiels de l’inflammation de type 2 dans plusieurs maladies. L’omalizumab cible quant à lui l’immunoglobuline E (IgE). Dans l’essai de phase 4 EVEREST, le dupilumab a montré une efficacité supérieure à celle de l’omalizumab, en améliorant significativement les critères liés à la polypose nasosinusienne et en augmentant le volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) pré-bronchodilatateur de 153 mL (intervalle de confiance [IC] à 95% : 52, 255), reflétant une amélioration des grosses voies aériennes. Nous rapportons ici l’efficacité du dupilumab vs l’omalizumab sur d’autres paramètres de la fonction pulmonaire dans EVEREST.
Méthodes
EVEREST (NCT04998604) est un essai clinique multicentrique, randomisé, en double aveugle, de phase 4, qui a évalué l’efficacité et la tolérance du dupilumab vs l’omalizumab. Des patients âgés de≥18 ans, atteints de polypose nasosinusienne sévère et d’asthme non contrôlé concomitant, ont reçu un traitement de fond par spray nasal de furoate de mométasone et ont été randomisés selon un ratio 1 : 1 pour recevoir en traitement additionnel soit du dupilumab 300 mg toutes les 2 semaines, soit de l’omalizumab 75–600 mg toutes les 2 ou 4 semaines, pendant 24 semaines. Les variations par rapport à l’inclusion du débit expiratoire forcé moyen entre 25% et 75% de la capacité vitale (DEM25–75%, reflétant les petites voies aériennes) et de la capacité vitale forcée (CVF, reflétant le piégeage de l’air) aux semaines 12 et 24 ont été analysées à l’aide de modèles à effets mixtes pour mesures répétées.
Résultats
Parmi les 360 patients inclus dans EVEREST, 181 ont été randomisés pour recevoir le dupilumab et 179 l’omalizumab. À la semaine 12, le dupilumab par rapport à l’omalizumab a significativement amélioré le DEM25–75% pré-bronchodilatateur par rapport à l’omalizumab (différence des moindres carrés vs omalizumab [intervalle de confiance à 95%] de 209 [65, 352] mL/s), et ces améliorations se sont maintenues jusqu’à la semaine 24 (199 [42, 357] mL/s). Le dupilumab vs l’omalizumab a également significativement amélioré la CVF après 12 semaines (174 [76, 272] mL) et 24 semaines de traitement (185 [73, 298] mL).
Conclusion
Le dupilumab entraîne une amélioration supérieure à celle de l’omalizumab sur les paramètres de fonction pulmonaire des grandes et petites voies aériennes chez les patients atteints de polypose nasosinusienne et d’asthme concomitant non contrôlé, ce qui peut constituer un marqueur indirect d’un meilleur contrôle de l’asthme et d’une réduction du risque d’exacerbations.