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Introduction
L’allergie au chat constitue la troisième cause d’allergie respiratoire en France, après les acariens et les pollens [1]. Elle touche une part significative de la population, en particulier les personnes asthmatiques, et représente un véritable enjeu de santé publique [2]. Au-delà de la gêne quotidienne, cette allergie peut contribuer à l’apparition ou à l’aggravation de pathologies respiratoires telles que l’asthme allergique. Dans ce contexte, l’immunothérapie allergénique (ITA) apparaît comme une stratégie thérapeutique prometteuse, non seulement pour soulager les symptômes, mais aussi pour prévenir l’évolution vers des formes plus sévères de la maladie.
Méthodes
Stallergenes Greer, en collaboration avec BVA, a mené une enquête auprès de 617 patients allergiques au chat, ayant suivi une ITA depuis plus de 12 mois. L’objectif était de mieux comprendre leur profil allergique, leur environnement (présence et habitudes des chats), la nature et l’intensité des symptômes, ainsi que les motivations et la satisfaction liées à la désensibilisation.
Résultats
Profil des patients répondeurs : 64% vivent avec un chat, malgré leur allergie. 87% sont polyallergiques, notamment aux acariens (52%) et aux pollens (57%), et la majorité est allergique depuis plus de trois ans. Symptômes rapportés : démangeaisons, irritations oculaires, éternuements, respiration sifflante — des signes pouvant précéder ou aggraver un asthme allergique. Avant ITA : 84% utilisaient un traitement symptomatique, et 28% avaient reçu une recommandation d’éviction. Motivations de la prescription de l’ITA : principalement pour traiter l’asthme allergique (62%), la rhinite (55%) et la conjonctivite (24%), avec une volonté marquée des patients d’éviter l’éviction (58%) et de soulager les symptômes (41%). Bénéfices observés : amélioration des symptômes (rhinite : 63%), meilleure tolérance au contact des chats (51%), et une nette amélioration de la qualité de vie (score moyen passant de 4 à 7 sur 10).
Conclusion
L’immunothérapie sublinguale (ITSL) liquide contre l’allergie au chat se révèle être une approche thérapeutique efficace, permettant non seulement de réduire les symptômes et d’améliorer la qualité de vie, mais aussi de potentiellement prévenir l’apparition ou l’aggravation de l’asthme allergique [3]. Elle offre une alternative crédible à l’éviction, souvent difficile à mettre en œuvre, et s’inscrit pleinement dans une démarche de prévention des pathologies respiratoires chroniques.
Références
[1] Dávila I, Domínguez-Ortega J, Navarro-Pulido A, Alonso A, Antolín-Amerigo D, González-Mancebo E, et al. Consensus document on dog and cat allergy. Allergy 2018 ; 73 : 1206–22. https : //doi. org/10,1111/all. 13391.
[2] Lavaud F, Pérotin J-M, Dutau G. Allergie aux phanères de chat. Place de l’immunothérapie. Revue Française d’Allergologie 2013 ; 53 : 119–24. https : //doi. org/10,1016/j. reval. 2013,01,037
[3] Demoly P, Molimard M, Bergmann JF, et al. Impact of liquid sublingual immunotherapy on asthma onset and progression in patients with allergic rhinitis : a nationwide population-based study (EfficAPSI study). Lancet Reg Health Eur. 2024 ; 41 : 100915. Published 2024 Apr 26. doi : 10,1016/j. lanepe. 2024,100915