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Introduction
L’avènement de la médecine de précision a transformé la prise en charge de l'adénocarcinome (ADK) pulmonaire, en identifiant des sous-groupes de patients pouvant bénéficier de thérapies ciblées basées sur la présence d'addictions oncogéniques. Toutefois, la fréquence et les caractéristiques clinico-radiologiques de ces anomalies moléculaires restent peu documentées dans la population tunisienne. Notre étude a pour objectif d'évaluer la fréquence de ces addictions oncogéniques et de décrire le profil clinico-radiologique des patients porteurs de ces anomalies.
Méthodes
Il s'agit d'une étude rétrospective menée au service de pneumologie de l’hôpital des forces de sécurité intérieure de La Marsa entre2022 et 2025. Les patients présentant un ADK pulmonaire localement avancé ou métastatique, ayant eu une recherche d’addictions oncogéniques ont été inclus à l’étude. La recherche d’addiction oncogénique a été réalisée au service d’anatomo-pathologie du même hôpital par la méthode PCR.
Résultats
Au total, 19 patients atteints d’ADK pulmonaire, dont 16 hommes et trois femmes, avec un âge moyen de 61,7 ans, ont été inclus. Le tabagisme a été retrouvé chez 17 patients avec une consommation moyenne de 38 paquets-années. Un seul patient avait des antécédents familiaux de cancer du poumon. Le carcinome pulmonaire était classé au stade IV chez 16 patients, stade IIIB chez deux patients et stade IIIC chez un patient. L’ADK pulmonaire était peu différencié avec un profil immuno-histochimique thyroid-transcription factor-1 (TTF1) positif chez 18 patients. Les addictions oncogéniques ont été retrouvées chez trois patients tous de genre masculin et tabagiques, ayant un ADK stade 4 : une mutation de l’EGFR au niveau de l’exon 19, un réarrangement d’ALK et une mutation du KRAS. Seul le patient porteur de la mutation de l’EGFR a reçu une thérapie ciblée à base d’erlotinib en deuxième ligne, remplacé par osimertinib, vu la progression du carcinome sous erlotinib en rapport avec l’apparition d’une mutation de résistance T790M.
Conclusion
Les addictions oncogéniques ont été peu fréquentes dans notre série. Le profil des patients reste dominé par des hommes tabagiques. L’identification des altérations moléculaires reste essentielle pour guider la thérapie ciblée, bien que son accès reste limité dans notre contexte.