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Introduction
La pleurésie tuberculeuse est la forme extra-pulmonaire la plus fréquente de la tuberculose. Sa survenue pendant la grossesse, bien que rare, pose des défis diagnostiques liés à l’utilisation limitée des examens irradiants et des enjeux thérapeutiques concernant la sécurité materno-fœtale.
Méthodes
Étude observationnelle analytique comparative menée au CHU Ibn Rochd de Casablanca entre janvier 2018 et décembre 2024,56 femmes ont été incluses dont 14 patientes enceintes et 42 femmes non enceintes âgées de 18 à 40 ans, toutes diagnostiquées avec une pleurésie tuberculeuse confirmée. Les données cliniques, biologiques, radiologiques, thérapeutiques et évolutives ont été comparées.
Résultats
L’âge moyen était similaire (27 vs 29 ans). Les femmes enceintes présentaient plus souvent un tableau paucisymptomatique (21% vs 7% ; p=0,04). L’échographie pleurale constituait l’examen clé chez les enceintes (100% vs 12% ; p < 0,001), tandis que la radiographie thoracique était plus utilisée hors grossesse (0% vs 78%). Le liquide pleural était exsudatif lymphocytaire dans tous les cas, avec ADA>40 UI/L dans 85% vs 90% (NS). Toutes les patientes ont été traitées par le schéma standard 2RHZE/4RH. La streptomycine n’a jamais été utilisée pendant la grossesse et la vitamine B6 a été systématiquement prescrite. L’évolution a été favorable dans les deux groupes (93% vs 95%) avec un seul cas d’accouchement prématuré chez une patiente enceinte. Aucun décès maternel ni fœtal n’a été observé.
Conclusion
La pleurésie tuberculeuse au cours de la grossesse partage les mêmes caractéristiques biologiques que chez la femme non enceinte, mais se distingue par une présentation plus discrète et un recours privilégié à l’échographie. Le traitement standard reste sûr et efficace sous réserve d’adaptations spécifiques (exclusion de la streptomycine, supplémentation en vitamine B6). Une coordination multidisciplinaire entre pneumologues et obstétriciens est essentielle pour optimiser le pronostic materno-fœtal.