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Introduction
La tuberculose, infection chronique et potentiellement grave causée par le Mycobacterium tuberculosis, reste un problème majeur de santé publique dans de nombreux pays, notamment dans notre contexte. Le pneumothorax peut être une complication rare mais sévère de cette affection, révélant parfois une tuberculose non diagnostiquée ou survenant au cours de son évolution. L’objectif de notre travail est de décrire les manifestations cliniques du pneumothorax spontané tuberculeux et d’identifier les aspects radiologiques caractéristiques afin d’optimiser la prise en charge thérapeutique.
Méthodes
Nous avons mené une étude descriptive rétrospective incluant les patients admis pour un pneumothorax spontané tuberculeux au sein du service de pneumologie du CHU Mohammed VI de Marrakech sur une période allant de mars 2024 à août 2025.
Résultats
Notre étude a inclus 8 hommes et 2 femmes avec une moyenne d’âge de 47 ans et des extrêmes allant de 21 à 63 ans, 60% de nos patients avaient un contage tuberculeux récent connu et 30% des patients avaient déjà était traité pour tuberculose pulmonaire. Dans 70% des cas le pneumothorax était révélateur de la tuberculose pulmonaire, tandis que dans 30% des cas il est survenu au cours du suivi du traitement anti bacillaire. Tous nos patients présentaient des symptômes respiratoires au moment du diagnostic prédominés par la douleur thoracique dans 100% des cas, la dyspnée dans 80% des cas et la toux dans 60% cas, bien que tous nos patients présentaient des signes d’imprégnation tuberculeuse notamment la fièvre, les sueurs nocturnes et l’altération de l’état général avec un poids moyen de 51kg et un IMC moyen de 19,4 Kg/m2. L’anomalie radiologique la plus fréquente associée au pneumothorax était les micronodules dans 70% des cas, l’épanchement pleural dans 60% et les images excavées dans 40% des cas. La confirmation de la tuberculose pulmonaire était bactériologique dans tous les cas par geneXpert dans les expectorations. Tous nos patients ont bénéficié d’un drainage thoracique avec évolution favorable et succès thérapeutique que dans 30% des cas, tandis que le reste des patients ont été candidats pour la chirurgie thoracique pour éventuelle pleurodèse.
Conclusion
Le pneumothorax tuberculeux, bien que peu fréquent, est une complication à ne pas négliger. Sa présentation clinique peut être trompeuse, et l’imagerie joue un rôle clé dans son diagnostic. Une prise en charge rapide, fondée sur le drainage pleural et le traitement antituberculeux est essentielle bien que son efficacité est limitée, d’où la nécessité du recours à la chirurgie dans la majorité des cas.