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Résumés CPLF 2026 

Facteurs associés à la rechute tuberculeuse : étude analytique comparative au CHU Ibn Rochd

Résumé PO13-372
Dassouli B.*1 ; Zaghba N.1 ; Harraz H.1 ; Chaanoun K.1 ; Benjelloun H.1 ; Jalloul W.1 ; Laklai Z.1 ; Yassine N.1
1Service des Maladies Respiratoires, CHU Ibn Rochd, Casablanca, Maroc

Auteur correspondant : Dassouli B. 


Introduction

La rechute tuberculeuse constitue un défi majeur de santé publique car elle augmente le risque de transmission et favorise l’émergence de souches résistantes. Identifier les facteurs déterminants de la rechute est essentiel pour optimiser la prise en charge et renforcer le contrôle de la maladie.

Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective analytique menée entre Janvier 2020 et Avril 2025 au service de pneumologie du CHU Ibn Rochd incluant 92 patients suivis pour tuberculose pulmonaire en rechute et 184 patients nouvellement diagnostiqués (rapport 1 : 2). Les données comparées concernaient les caractéristiques sociodémographiques, cliniques, thérapeutiques et contextuelles. Les associations statistiques ont été étudiées par le test du Chi² avec un seuil de significativité fixé à p < 0,05.

Résultats

L’infection par le VIH était significativement plus fréquente dans le groupe rechute (12% vs 5%, p=0,04), de même que le diabète (18% vs 9%, p=0,03) et la dénutrition (41% vs 22%, p=0,01). Le tabagisme actif était retrouvé chez 38% des patients en rechute contre 24% des nouveaux cas (p=0,02). Concernant la maladie initiale, la tuberculose cavitaire était plus fréquente chez les patients en rechute (54% vs 31%, p=0,001) ainsi qu’une forte charge bacillaire (39% vs 21%, p=0,01). Les antécédents de tuberculose résistante concernaient 7% des patients en rechute contre 1% des nouveaux cas (p=0,02). Du point de vue thérapeutique, l’observance insuffisante (27% vs 12%, p=0,01) et l’arrêt prématuré du traitement (15% vs 4%, p=0,003) étaient significativement associés à la rechute. Enfin, la précarité socio-économique (62% vs 37%, p < 0,001) et l’accès limité aux soins (19% vs 8%, p=0,02) représentaient des facteurs contextuels aggravants.

Conclusion

En conclusion, la rechute tuberculeuse est multifactorielle et reste fréquente dans notre contexte. L’étude comparative met en évidence le rôle déterminant des comorbidités (VIH, diabète, dénutrition), de la sévérité initiale de la maladie, des insuffisances thérapeutiques et de la précarité socio-économique. Sa prévention nécessite une approche intégrée reposant sur l’optimisation du traitement initial, le suivi rigoureux de l’observance et le renforcement des programmes de santé publique ciblant les populations vulnérables.


Dassouli B. * ; Zaghba N. * ; Harraz H. * ; Chaanoun K. * ; Benjelloun H. * ; Jalloul W. * ; Laklai Z. * ; Yassine N. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK