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Résumés CPLF 2026 

Syndrome d'activation macrophagique secondaire à une tuberculose : à propos de trois cas

Résumé PO26-637
Benbrahim S.*1 ; Aharmim M.1 ; Bourkadi J.E.1 ; Marc K.1
1Service de Pneumologie, Hôpital Moulay youssef chu Ibn Sina, Rabat ,MAROC

Auteur correspondant : Benbrahim S. 


Introduction

Le syndrome d'activation macrophagique (SAM) est une complication rare mais grave de la tuberculose résultant d'une activation immunitaire excessive et non contrôlée. Son diagnostic, souvent retardé, il repose sur un ensemble de critères clinico- biologiques.

Observations

Nous rapportons trois cas de SAM compliquant une tuberculose. Cas 1 : Une femme de 43 ans, VIH+, présentait une miliaire tuberculeuse avec pancytopénie, hyperferritinémie (3300 ng/mL) et hémophagocytose médullaire. Guérison sous traitement antibacillaire. Cas 2 Une femme de 45 ans présente une douleur abdominale, des vomissements et une toux. Les examens initiaux révèlent une pancytopénie, une hyperferritinémie (11 830 ng/mL) et une atteinte hépatique. L'étoposide a été initié pour un SAM suspecté. La détérioration ultérieure a révélé une tuberculose multifocale (pulmonaire, choroïdienne et cérébrale), Le traitement antituberculeux a conduit à une récupération complète. Cas 3 : Une femme de 30 ans, suivie pour lupus sous immunosuppresseurs, a présenté une miliaire tuberculeuse confirmée bactériologiquement compliquée d'un SAM (bicytopénie, ferritine à 12 355 ng/mL). L'évolution fut favorable sous association antituberculeux et corticothérapie.

Discussion

Le SAM est une urgence immuno-hématologique. Son association avec la tuberculose, bien que rare, est sévère. Le diagnostic, basé sur multiples critères (fièvre, cytopénies, hyperferritinémie souvent majeure>10 000 ng/mL, hémophagocytose), est souvent retardé car mimant un sepsis. Le dilemme thérapeutique réside dans la gestion de l'hyperinflammation sans aggraver l'infection. Le traitement antbacillaire est la pierre angulaire, efficace seul dans certains cas (Cas 1). Les immunosuppresseurs (corticoïdes, étoposide) sont controversés : l'étoposide sans traitement antibacillaire peut aggraver la tuberculose (Cas 2), tandis que les corticoïdes peuvent être nécessaires dans les SAM sévères ou avec maladie auto-immune sous-jacente (Cas 3), mais toujours en association immédiate avec le traitement antibacillaire. Le pronostic est sombre (~50% de mortalité), dépend d'un diagnostic précoce par la vigilance devant toute cytopénie ou hyperferritinémie inexpliquée chez un tuberculeux, et d'une prise en charge multidisciplinaire priorisant le traitement antibacillaire.

Conclusion

Le SAM est une complication sévère de la tuberculose. L'instauration rapide de traitement antibacillaire est le pivot du traitement. L'utilisation des immunosuppresseurs doit être prudente, réservée aux cas les plus sévères ou à ceux avec maladie auto-immune sous-jacente.


Benbrahim S. * ; Aharmim M. * ; Bourkadi J.E. * ; Marc K. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK